HISTORIEK  HISTORIQUE  HISTORIC

 

Grandeur et décadence de la compagnie impériale et royale des Indes (I)

I


Au début du XVIIIe siècle, alors que la Belgique connaissait enfin une période de paix, nos hommes d'affaires, stimulés par l'exemple des bénéfices considérables réalisés par les puissances coloniales, eurent aussi le souci d'un profitable élargissement national.

Ce souci d'embrasser, dans les pays exotiques, de plus vastes horizons commerciaux, trouva sa fugitive et glorieuse consécration dans la formation de la «Compagnie des Indes des provinces belges», appelée aussi plus laconiquement «Compagnie d'Ostende».

C'est vers 1720 que le marquis de Prié, gouverneur des Pays-Bas autrichiens, désirant conjurer les effets désastreux de la fermeture de l'Escaut, songea à utiliser le port d'Ostende pour un vaste trafic transocéanique. Comme, dès 1714, des navires belges avaient pris l'habitude de rapporter des Indes anglaises de très riches cargaisons, le Gouverneur des Pays-Bas Autrichiens envisagea la création de comptoirs sur les côtes asiatiques. Deux Anglais qui connaissaient parfaitement les moeurs et les usages locaux, Alexandre Hume et Jean Harisson débarquèrent donc, en 1721, au Bengale et obtinrent des potentats locaux l'autorisation d'établir des factories belges.

Devant des résultats aussi encourageants, la Cour de Vienne jugea bon, en 1722, de nommer comme gouverneur de ses établissements en Extrême-Orient, un ancien monnayeur de la ville d'Anvers, Jacques-André Cobbé, promu, en sa qualité d'inventeur d'un nouveau canon, lieutenant-général d'artillerie. La fortune de ce fondeur — auquel on dut les cloches du carillon d'Ostende avait été rapide, car l'empereur d'Autriche lui avait successivement conféré les titres de Comte de Burlack, de Chevalier de l'ordre du Grand Constantin et de St. Georges, et de noble sénateur. Son traitement de gouverneur s'élevait à 2.400 florins, plus un dixième des impôts levés sur les ressortissants habitant les factoreries austro-belges. Parti d'Ostende et arrivé le 6 juin 1723 sur la côte de Coromandel à bord du «Charles VI», commandé par le capitaine Harisson, Jacques Cobbé décéda malheureusement à Denemarnagos, le 23 juin 1724, des suites des blessures contractées en défendant son poste attaqué par les indigènes dissidents.

 

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Cependant, en 1722, l'empereur Charles VI, se rendant aux suggestions de Colebroke, financier  anglais équivoque établi dans les Pays-Bas, manifesta l'intention de créer en Belgique une grande compagnie privilégiée destinée à monopoliser au profit du pays, notre commerce colonial. Il s'agissait, malgré l'opposition des grandes puissances, de concurrencer sur les marchés extérieurs les diverses compagnies des Indes créées en France, Hollande, Danemark et Angleterre.

C'est Patrice Mac Neny, réfugié irlandais, aidé des conseils d'un autre de ses compatriotes, le capitaine Jean Tobin, qui rédigea, en 1723, la charte constitutive de la «Compagnie Impériale et Royale des Indes», au capital de 6.000.000 de florins. Le 11 août, les 6.000 titres furent souscrits à la Bourse d'Anvers par des capitalistes belges et étrangers. Parmi les sept directeurs nommés, signalons le négociant Thomas Ray, qui bien qu'échevin de la ville d'Ostende, était an­glais de naissance. La ville d'Ostende fut parmi les souscripteurs, ainsi que des capitalistes locaux et quelques intéressés Brugeois et Gantois.

Disons aussi que des négociants anglais furent parmi les meilleurs clients de la «Compagnie des Indes» et lorsque cette dernière fut mise en interdit par les puissances maritimes, l'Angleterre continua à s'approvisionner, à Ostende, de produits exotiques à l'aide de bateaux contrebandiers.

Un des premiers actes de la Compagnie Belge qui devait susciter dans d'autres pays de si âpres jalousies commerciales fut de confier la direction des factoreries indiennes à l'Anglais Alexandre Hume. Sa mission devait consister d'abord à développer, sur les bords du Gange, le comptoir de Bankebazar -- dont les fondements avaient été jetés par un aventurier français, le capitaine chevalier Godefroid de la Merveille. Ensuite, il s'agissait de remplacer, sur la côte du Coromandel, l'établissement commercial que son prédécesseur Cobbé avait vu détruire par les indigènes. On décida aussi d'exploiter la concession de Cabelon ou Covelon (entre les villes de Madras et de Sadrasparnam), obtenue déjà, le 5 août 1719, par La Merveille.

Ajoutons cependant ici, que l'activité de la «Compagnie des Indes» fut loin d'être restreinte aux Indes Anglaises. Elle créa des comptoirs très florissants en Chine et tenta de s'installer sur les côtes de Guinée et de Madagascar. En effet, l'octroi impérial autorisait à «naviguer et négocier aux Indes occidentales et orientales et sur les côtes d'Afrique, tant en deçà qu'au delà du cap de Bonne-Espérance».

Des trois premiers voiliers qui, le 10 février 1724, partirent d'Ostende pour les Indes sous le pavillon de notre nouvelle compagnie, un seul était destiné au Bengale. Ce navire, l' «Empereur Charles», armé de 30 canons et commandé par un Dunkerquois, le capitaine Michel Cayphas, périt malheureusement à l'entrée du Gange. L'équipage qui avait pu se sauver à la nage, voulut se réfugier dans une factorerie française, mais inhumainement, les occupants en interdirent l'entrée aux naufragés.

Au mois de juillet, de la même année, Ostende vit revenir du Bengale, sous le commandement de l'Anglais Harisson, le «Charles VI», voilier de 450 tonneaux, armé de 32 canons et monté par 100 hommes d'équipage. A en croire une note des archives du Conseil d'État et de l'Audience, le «Charles VI» était parti en 1722, avant la constitution de la Compagnie des Indes, pour le compte de l'armateur E.B. Soenens, de Gand.

Au dire des «Relations Véritables», la car­gaison du «Charles VI» se composait de 1522 pièces de taffetas de foul, 4.784 carridarces, 25.159 cassa Bengale, 1.700 dorias, 6.534 gerras, 336 hammans, 5.700 malmolens, 16700 romals de coton, 1.000 romals fines, 1.048 romals de mousseline, 120 sanes, 2.000 scerbands, 2.500 soesies, 14.359 tansieps, 80 idem à fleurs, 1.200 theraindain, 18.783 livres de courir, 91.421 bois de coliatour, 101.700 de salpêtre et 63.750 Kurcuma.

La vente de cette cargaison  ainsi que celles rapportées de Chine par deux autres navires envoyés là-bas par la Compagnie — se fit à Ostende au mois d'août suivant. L'affluence des acheteurs, tant du pays que de l'extérieur, fut considérable et le prix des produits du Bengale fléchit sur les principaux marchés. Ceci au grand dépit des compagnies étrangères qui voyaient déjà un précieux et lucratif monopole colonial leur échapper petit à petit.


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A la fin de janvier 1725, notre Compagnie fit repartir pour le Bengale, le «Charles VI», commandé cette fois par l'Ostendais Jacques de Winter.

Nous n'énumérerons pas ici tous les navires belges qui, au cours d'un période particulièrement prospère, prirent part au trafic Indo-belge. Bornons-nous donc à quelques citations.

Le 25 février 1726, la «Paix», de 26 canons, commandée par le capitaine Philippe-Joseph Perrenot et l'«Espérance» de 34 canons, commandée par le Dunkerquois Nicolas Carpentier, partirent pour le Bengale, salués   au dire des «Relations Véritables» par l'artillerie des remparts et le carillon de la ville. Ils répondirent eux-mêmes à cette allégresse par le son des trompettes, cors de chasse et timbales. Ces deux voiliers étaient chargés de plomb, d'armes, de toiles et d'autres produits belges.

Le 18 juillet, nous voyons revenir du Bengale, après une heureuse traversée de cinq mois et neuf jours, le «Charles VI», chargé d'une riche cargaison de mousseline, soieries, salpêtre et bois de coliatour. La vente en fut fructueuse. Aussi, l'assemblée générale des actionnaires qui se tint à Anvers au mois de septembre suivant, put-on annoncer la distribution d'un dividende de 25 p.c.

Le même navire capitaine Meyne de Nieuport  - ainsi que l'«Archiduchesse Elisabeth», de 32 canons capitaine Michel Cayphas firent voile pour le Bengale au cours de l'année 1727. Le 29 octobre, nous voyons revenir à Ostende «La Paix», et le 23 décembre, «l'Espérance». L'un et l'autre étaient chargés de stocks importants de toiles peintes, d'étoffes de soie, de damas, d'épiceries et de bois de teinture.

Tout cela entraînait pour la Belgique une ère de prospérité économique extraordinaire. De tributaires de l'étranger nous étions, en matière coloniale, devenus de redoutables exportateurs. En ce domaine, nous réglions déjà les marchés extérieurs. Aussi la diplomatie étrangère ne cessait de menacer la Cour d'Autriche. Dans son «Droit Public» de l'Europe, Mably rapporte qu'à l'ouverture du Parlement anglais, en 1727, le roi se laissa aller à dire, dans son discours, que «Le commerce et la Nation étaient menacés de ruine aux Indes Occidentales par l'établissement de la Compagnie d'Ostende».

L'«Archiduchesse Marie-Elisabeth»  qui était partie du Bengale le 8 février arriva à Ostende le 20 août 1728, suivie le 11 septembre par le «Charles VI». Ce dernier navire avait quitté les bords du Gange à la fin de février. Il déchargea sa cargaison à Bruges et l'exposa en vente publique. Mais, à la suite d'une coalition de marchands hollandais, l'adjudication ne produisit que de médiocres résultats. Toutefois, à la vente suivante, les directeurs avertis surent déjouer ces manoeuvres intéressées. Aussi put-on, le 18 septembre suivant, distribuer aux actionnaires un dividende de 20 p.c.

A côté des comptoirs que nous avions créé à Coblon, à Bankebazar, à Bourompore et à Madras, la Compagnie exploitait dans les Indes, deux autres factoreries, l'une à Itchapour séparée de Bankebazar par une petite rivière l'autre à Balasore, sur la rive gauche du Gange. Comme dans cette dernière ville, toutes les nations européennes étaient autorisées à trafiquer librement, les Belges, tenant à ne pas rester en arrière, s'empressèrent d'y développer leur activité. Au bout de trois ans, cinq à six mille personnes, abritées sous le drapeau de la «Compagnie des Indes» constituaient une ruche indus­trieuse et prospère. Dans un de ses mémoires, le Comte de Calemberg évalue les dépenses totales que nous fîmes pour nos établissements au Bengale à un million et demi de florins, faible somme eu égard aux beaux résultats obtenus.

 

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Bien que l'Anglais Alexandre Hume fût un directeur fort imparfait malgré les efforts tentés par les concurrents commerciaux on ne parvenait pas encore à nous desservir auprès des princes Hindous. Aussi, dans l'esprit des indigènes le prestige de la Compagnie belge demeurait intact.
Toutefois, cédant à un ultimatum de la France alliée à d'autres puissances maritimes, l'empereur Charles VI fut, en 1727, contraint, non pas d'abolir mais de suspendre pour une durée de sept ans c'est-à-dire jusque 1734 l'octroi accordé à notre Compagnie des Indes. Mais cette dernière escomptant la révision de la grande injustice imposée à Charles VI, continuait, avec l'approbation tacite de notre souverain, à œuvrer secrètement.

Cependant, au cours de 1728, les grandes puis­sances se réunirent à Soissons, afin d'interdire définitivement notre navigation vers les Indes. Tandis qu'on négociait l'irréparable asservissement commercial qui devait en être la conséquence, les officiers des comptoirs hollandais du Bengale, enhardis par les faiblesses précédentes du gouvernement autrichien ne craignirent pas de se livrer à des actes beaucoup plus agressifs.

Arrêtant nos transports terrestres et fluviaux, molestant des indigènes aux gages de notre Compagnie des Indes, et empêchant le ravitaillement de nos comptoirs, ils réussirent à provoquer l'arrêt presque complet des florissantes transactions engagées.

En 1730, année au cours de laquelle des ventes publiques de cargaisons hindoues, organisées à Bruges et à Ostende, donnèrent des résultats intéressants, nous voyons la Compagnie envoyer au Bengale, sous son propre pavillon, l' « Impé­rial». Il s'agissait, non pas d'apporter à nos factoreries des marchandises de troc, mais de leur fournir les vivres et l'argent dont elles étaient démunies. Mais, lorsqu'il arriva à l'entrée du Gange, l'«Impérial» se vit refuser l'entrée de la rivière. C'est vainement que des représentants d'Hume furent envoyés à Calcutta, nantis d'une plainte. Comme ils reçurent le plus menaçant des accueils, ils jugèrent prudent de prendre le large.

Une lettre écrite par le Comte de Calemberg, le 13 juillet 1731 rapporte que, aux dires d'Alexandre Hume, les Anglais et les Hollandais con­tinuaient à traiter nos compatriotes en ennemis, car ils s'emparaient de nos petits navires et maltraitaient leurs équipages. Dans sa missive, Hume, après avoir déclaré qu'un de nos officiers, attaché à un mât fut fouettté à outrance, ajoute qu'il se vit contraint d'abandonner nos factoreries ruinées par ces agissements. C'est alors que, accompagné de ses employés, Hume se réfugia à bord d'un bâtiment français parce que, précisait-il «les agents des compagnies étrangères avaient réussi à exciter le nabab du territoire de Cobelon à détruire l'établissement que nous y possédions, quoiqu'on l'eût payé d'une somme très considérable».

 

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La ténacité de la Compagnie des Indes qui — toujours très secrètement était encouragée par l'empereur, continuait à constituer le nœud de la politique européenne. Mais, devant des menaces de guerre et aussi pour assurer à sa fille Marie-Thérèse, la succession du trône d'Autriche, Charles VI fut le 16 mars 1731, contraint, bien malgré lui, de signer à Vienne un nouveau traité interdisant formellement à notre Compagnie tout trafic colonial.

C'est en raison de ces circonstances que, le 6 avril 1732, on vit partir d'Ostende, la «Concorde», capitaine Larmes. Sa mission était de ramener du Bengale les employés et marchandises se trouvant encore dans quelques comptoirs côtiers. Ce navire revint, le 4 avril 1733, avec une très riche cargaison. Ceci permit d'ajouter, au dividende de 6 p.c. payé quelque temps auparavant, un superdividende de 10 p.c. qui fut réglé en novembre suivant.

Certes, du fait que le pavillon propre de la Compagnie était mis en interdit, celle-ci ne pouvait plus, sous ledit pavillon, se livrer à des opérations transocéaniques.

Cependant, rien dans les clauses du Traité de Munster et dans celles du Traité de Vienne, ne permettait d'exiger l'abolition de notre Compa-gnie des Indes — créée, répétons-le, en vertu d'un édit Impérial. Ceci pour autant que les ports belges ne fussent pas le point de départ d'expéditions exotiques. Les clauses des traités dont nous venons lde parler, ne pouvaient frapper des navires qui, arborant le pavillon autrichien, auraient eu comme port d'attache l'empire austro-hongrois, ou bien encore des pays étrangers aux provinces belges. Il en résulta que quelques concessions tout-à-fait légales de pavillon autrichien furent accordées à des navires appartenant A notre Compagnie des Indes.

Ceci eut comme conséquences, que, grâce à des sommes importantes prêtées par notre compagnie à Charles VI — mais que ce dernier ne restitua pas — des fonctionnaires belges de notre compagnie, purent disposer des ressources nécessaires pour garder et continuer à administrer — mais au nom de l'Empereur et sous le pavillon austro-hongrois, notre factorerie de. Bankebazar, sur la côte du Coromande, entre la Krichna et la pointe Calimère. Dangereuse pendant la mousson du N.-E., cette côte était, à cause du ressac, d'un accès difficile pendant les autres périodes. C'est pourquoi, afin de communiquer avec les navires restés au large, les nôtres devaient, à l'aide de bateaux à fond plat, se livrer à de pénibles transbordements. Comme ces petites allèges étaient très souvent attaquées par nos concurrents commerciaux, notre directeur au Bengale, François de Schonamille (qui appartenait à une vieille famille d'armateurs négociants ostendais) se vit bientôt réduit à une situation particulièrement critique.

Ceci devait se terminer par un drame. En 1745, Bankebazar fut soudain assailli par une bande importante d'indigènes. A la tête de quelques soldats que les maladies et les privations avaient épargnés, Schonamille se défendit avec courage. Mais, ne pouvant résister au nombre des assaillants, il périt glorieusement, les armes à la main, pour — ajoute Pasquini, dans son «Histoire de la Ville d'Ostende» — «un souverain qui l'abandonnait à ses propres ressources et une compagnie n'existant plus que dans le souvenir de quelques intéressés ruinés».

Malgré ce désastre, l'Autriche s'efforçait de conserver, sous la protection de son drapeau, d'autres établissements coloniaux — d'ailleurs peu importants, créés par notre Compagnie des Indes. D'autre part, les administrateurs anversois, gantois et ostendais, essayèrent de poursuivre clandestinement leur activité transocéanique.

 

Cependant, comme l'octroi accordé à notre Compagnie des Indes, par Charles VI avait été limité à une durée de 30 années, les administrateurs dont nous parlons durent — pour rester dans la légalité -- se résoudre à prononcer la liquidation sociale. Cette liquidation, commencée en mars 1754, se poursuivit pendant très longtemps. Pour valoriser un actif social resté assez important, les liquidateurs procédèrent alors à de nouvelles opérations commerciales qui furent plutôt déficitaires. Pour ce fonctionnement, plutôt clandestin, on se servait de personnes interposées, ou bien, de pavillons étrangers simulés.

C'est ainsi que, à partir de 1780 et jusqu'au moment où les troupes françaises procédèrent l'occupation d'Ostende, on vit plusieurs anciens navires de notre Compagnie des Indes naviguer d'abord pour la Compagnie de Trieste — créée en majorité par des actionnaires anversois de la Compagnie d'Ostende puis, pour le compte du  banquier ostendais Herries, créancier de cette Compagnie de Trieste. Des cargaisons plus ou moins importantes dont la vente ne laissa guère de bénéfice furent rapportées. Mais l'occupation française, ayant arrêté toute navigation vers les pays exotiques, les liquidateurs durent se résoudre à clôturer définitivement les comptes sociaux. Ceux-ci, en dernière analyse, ne donnèrent lieu à aucune répartition.

 

A SUIVRE

 

 

 

 

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