BELGISCHE MARITIEME LIGA  vzw.
LIGUE MARITIME BELGE  asbl.

Koninklijke Vereniging - Société Royale

HISTORIEK  HISTORIQUE  HISTORIC

 

Feu la Marine Royale Belge(1)


En arrêtant le titre de cette causerie, je m'étais proposé de raconter une histoire : histoire de petits navires et de grands marins .

L'histoire en est brève : trente ans à peine.

Les navires n'étaient pas grands et ne furent pas nombreux : d'abord, une douzaine de chaloupes canonnières et de canonnières gréées en goélettes de 3 et de 7 pièces d'artillerie et qui avaient à bord 15 fusils, 8 sabres, 15 pistolets, 7 piques, 7 haches d'abordage, — ainsi que nous le révèle le budget de 1831 ; ensuite, deux brigantins de 8 canons, dénommés Le Congrès et Les Quatre Journées, de 25 mètres de long entre perpendiculaires et 6 mètres de large ; enfin, une goélette marchande, la Louise-Marie, de 200 ton­neaux, transformée, en 184o, en unité navale en l'armant de Io caronades de 12 et un brick, le Duc de Brabant, construit en 1843, 33 mètres de long, 50o tonneaux, armé de 20 canons.

Ne souriez pas en entendant les dimensions de ces navires. A cette époque, la mer était sillonnée de r coquilles de noix ». S'il est vrai que les canonnières de la Marine royale avaient modeste aspect, ainsi qu'en témoignent les dessins de De Braeckeleer, les deux dernières unités avaient belle allure ; le peintre de la mer de cette époque, Clays, nous a laissé, sur quelques toiles jalousement conservées au Musée de l'Armée et en mon bureau, des silhouettes élégantes et fières de la Louise-Marie et du Duc de Brabant croisant en grande rade d'Ostende.

M. Leconte, le très actif et érudit conservateur du Musée de l'Armée, garde précieusement les modèles de ces bateaux, maquettes solides au gréement robuste, avec de petits marins de bois à la manœuvre des voiles, maquettes toutes spéciales, étranges, simples et fortes, qui ont une signification particulière : c'étaient les jouets de Celui qui devint dans l'histoire le Roi Léopold II.

Grâce à l'intelligence et à l'activité de M. Beuckeleers, créateur et ancien conservateur du Musée maritime d'Anvers, nous posséderons bientôt aussi, indépendamment du modèle se trouvant au Musée maritime, une magnifique réduction du brick Duc de Brabant qui figurera au centre de la collectivité maritime que nous réaliserons à l'Exposition de Bruxelles.


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Ces navires étaient montés par des états-majors et des équipages splendides. Bornons-nous à rappeler le nom de quelques officiers.

Pierre Petit, lieutenant de vaisseau en 1831, commande une canonnière à vingt-huit ans, ayant fait jusqu'alors carrière à bord de navires marchands ; reçoit le commandement de la Louise-Marie et se rend à notre colonie de Santo-Thomas, en Afrique, à La Plata, au Brésil.

Le Gantois François Schockeel entre à dix-huit ans au service de la Marine des Pays-Bas. En 1831, passe dans notre marine, commande la flottille d'Anvers ; il fut le premier commandant du brick Duc de Brabant.

F. Claeys, né en 1786 à Ostende, s'embarque à dix ans à bord d'un corsaire français; à vingt-six ans, passe au service des frégates dans la marine hollandaise ; se trouve en 1803 en service sur l'Escaut ; embarque sur la corvette française Le Chien marin.

En l'an XIII, reprend du service sur un corsaire en 1807 ; de 1812 à 1831 navigue, à bord de bricks et de frégates marchandes, sur toutes les mers du monde ; prend en 1832 le commandement de la Compagnie de Marins créée à Anvers ; commande ensuite une canonnière sur l'Escaut; embarque en 1842 sur la British Queen: prend le commandement du premier paquebot belge de la ligne d'Ostende-Douvres, et finit sa longue carrière à bord d'une autre malle, la Ville de Bruges.

Un Anversois, Joseph Van Haverbeke, né en 1812, quitte la marine marchande hollandaise pour s'engager à la marine militaire belge en 1832 ; sert dans la flottille de l'Escaut, embarque sur des navires marchands militarisés, commande la Louise-Marie et le Duc de Brabant ; chef du service Ostende-Douvres ; puis de la station d'Anvers; termine sa carrière comme inspecteur général de la Marine et meurt à Anvers, en 1908. Splendide type de marin, tête d'oiseau de proie, pommettes saillantes, orbites profondes, menton carré — homme d'une seule pièce, qui abattra sa poigne au Rio Nunez et couvre notre pavillon de gloire.

Et tant, et tant d'autres ! Le Hardy de Beaulieu, La Barre d'Erquelinnes, Eycholdt, Jacquet-Anciaux, Hoed, Roose, Seghers, Picard, Godtschalck, Swarts, van Zuylen van Nievelt, de Boninge. Michel, van Schoubroeck, Tack, Masui, Mestrieau, Dufour, d'autres encore ; noms bien belges, n'est-il pas vrai, noms familiers, nom, de chez nous. Toutes nos villes ont donné de leurs fils à cette marine ; les âmes les plus généreuses y ont vibré à l'unisson, dans un beau rêve de grandeur pour le pays.

Je citerai encore le nom d'un seul d'entre eux : Joseph Sinkel, écrivain, philosophe ; né à Doische en 1823, entre dans la marine en 1841, embarque sur la Louise-Marie, sur des trois-mâts militarisés, sur le Duc de Brabant, commande les paquebots d'Ostende-Douvres et nous laisse ses mémoires sous le titre de La Vie d'un Marin, dont les deux volumes, édités en 1872 et 1874, nous documentent sur notre développement maritime à l'époque la plus intéressante de la Marine royale. A travers ses descriptions des pays lointains, ses narrations des incidents du bord, ses explications des manœuvres du navire, ses impressions d'escales, ses succès mondains, ses déboires d'officier, ses considérations philosophiques, ses appréciations politiques, bat un cœur enthousiaste et loyal; il a l'orgueil de son métier, la fierté de son navire et de son pavillon ; son histoire est celle de tant de ses frères, lamentable et splendide et par lui, nous comprendrons les aspirations, les rêves et les désillusions d'une époque.

Cette vie, toutes ces vies ont animé, pour moi, les paperasses officielles, la matricule des officiers et du personnel subalterne de la Marine royale, conservées dans mes bureaux, et ont fait surgir du passé la phalange des grands marins des temps héroïques. C'est du reste dans ces vieux papiers, dans les vénérables archives de mon administration, que sont enfouis les éléments de l'histoire de cette Marine royale. Sur des notes ministérielles se retrouvent parfois des annotations de Léopold Ier ; une lettre de mer -- en peau d'âne de la Louise Marie, dont le temps a fait tomber les cachets de cire, est classée parmi des propositions de gens de mer, des projets d'expansion maritime d'hommes d'affaires; des notes administratives de hauts fonctionnaires, admira­blement calligraphiées, se mêlent à des minutes de lettres de ministres, noms hier encore illustres ; signatures aux encres passées ; papiers jaunis des dossiers dormants ; poussières...

En fouillant ces documents, en lisant Sinkel, d'autres que moi ont donné des aperçus historiques du plus haut intérêt ; je rends hommage à leur travail inlassable et éminemment utile dans un pays qui ignore les plus belles pages de son Histoire, qui ne se rend pas compte des efforts déployés par ses ancêtres pour créer une nation forte et indépendante. Les noms des Leconte, des Maroy, des Hennebicq, des Petitjean, doivent être cités ici; en les nommant, je songe aussi à ces autres dévoués propagandistes de l'idée maritime qui ont écrit au sujet de nos marins et de nos navires à travers les âges : Terlinden, Prims, Denucé, Huisman, Crokaert, de Burbure, Rotsaert. Je suis venu après eux à l'étude de notre histoire maritime et comme eux, je me suis plongé dans un passé glorieux pour y découvrir des raisons d'espoir et pour fortifier ma foi dans l'avenir.

Mon premier contact avec feu la Marine royale belge fut cependant autre que livresque et quelque peu original. C'était il y a de nombreuses années. Enfant d'Anvers, j'apprenais à connaître la capitale et j'avais « découvert » le Musée de la Porte de Hal, où mon imagination avait libre jeu parmi les armures de tous temps, les drapeaux et les tambours. Je m'étais arrêté devant une vitrine renfermant des souvenirs : un sabre, un ceinturon, des épaulettes, des décorations et, sur un écriteau je lus : Michel, inspecteur général de la Marine. Une deuxième vitrine attira mes regards : un chapeau claque, un habit brodé d'or où des feuilles d'acanthe entourent des ancres, un sabre d'honneur, exécuté par le bijoutier du Roi, dont la lame damasquinée reproduit ces mots : « Les négociants du Rio Nunez au commandant Joseph van Haverbeke ». Et un étonnement me saisit : une marine de guerre belge ? Quand donc vécurent ces marins de guerre, qu'ont fait ces vaisseaux du Roi ?
Je l'ai appris depuis. Ces quelques uniformes, ces armes, ces tableaux, ces modèles, ces archives, quelques traditions parmi nos officiers de la Marine de l'État, des noms, un peu de gloire, c'est ce qui reste d'une petite marine qui fit de beaux voyages, qui eut de nobles ambitions.

Souvenirs, oui, mais aussi grande leçon.

 

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En étudiant ces vies, en vivant cette histoire, je me suis aperçu de ce que j'abordais une route très longue, que certes nous ne pouvions ensemble parcourir en une heure ce soir ; qu'il fallait mettre cette page dans un livre, pour montrer que cette marine ne fut pas une fantaisie, une improvisation, mais une chose logique et nécessaire ; qu'il fallait remonter dans le passé, faire revivre les grandes époques de notre entité nationale, aller même jusqu'aux origines et considérer nos premiers ancêtres.

Mais, sous cet aspect, notre Histoire n'a pas été écrite. L'Académie de marine, que nous avons créée récemment, contribuera peut-être à y arriver un jour.

Il y a une continuité dans la vie des peuples. A travers les âges, leurs besoins d'expansion se répètent ; les mêmes nécessités du commerce se font jour. Les relations importantes s'établissent par mer; les pénétrations pacifiques ou brutales, les marines de commerce et de guerre se sont longtemps confondues et mêlées sont plus aisées par l'eau que par les terres, les mouvements de peuples plus larges et plus complets. Histoire éternelle de la conquête des marchés, des civilisations différentes qui font le troc de leurs produits et de leurs biens.

Nos populations, autant que d'autres, ont participé de tout temps à cette immense « foire des eaux ». Il suffit pour s'en convaincre de rechercher l'histoire de la Marine sur les côtes des flandres et le long des rives de nos fleuves. Elle est retracée notamment par Henri Malo dans : Les Corsaires Dunkerquois et Jean Bart, et par van Bruyssel, dans L'Histoire du commerce et de la marine en Belgique.
Cette histoire s'explique par la configuration de nos côtes et la succession ininterrompue de bancs, qui constituent une protection efficace pour ceux qui les connaissent. « Les légers flibots se feront un jeu de voler par-dessus les bancs, narguant les gros navires lancés à leur poursuite, qui devront virer de bord, ou s'échouer. Devant les ports, les vaisseaux de blocus ne pourront garder que les passes, sous peine de toucher le fond ; entre leurs lignes, les frégates légères glisseront comme de souples anguilles. » Malgré l'empiétement ou le recul des eaux et l'effondrement de villages et de villes, ou l'asséchement de rivières, cette situation ne changera pas.

Derrière cette ligne de hauts-fonds, Dunkerque, Nieuport, Ostende ; plus loin, les îles de l'Escaut.

C'est là, à ce carrefour des grandes routes transocéaniques, qu'une marine peut naître et vivre. Nous la voyons prospérer aux heures les plus glorieuses de notre Passé.

La Ligue Hanséatique provoque l'échange des richesses du monde; Bruges se déploie magnifiquement, mais son règne est éphémère ; ses navires doivent s'arrêter à Damme, puis à l' Écluse.. Et la splendeur d'Anvers surgit du fond de l'Escaut.

Une population dense, industrieuse, active, va trouver, au large des côtes, une pêche abondante ; pêcheurs et écumeurs vont se fixer le long du littoral.

Rendez-vous de pirates, nids de corsaires.

Toujours des navires de toutes formes y abonderont : pêche, commerce ou guerre, c'est tout un.

Le Seigneur n'a pas besoin de marine de guerre; il affrète les navires marchands ou s'en saisit. Ainsi font les comtes de Flandre lorsqu'ils interviennent en Angleterre.
Les flottes se concentrent au Zwin.

En 1060, Tostig, frère de Harald et gendre de Baudouin de Flandre V rassemble soixante navires montés notamment par des aventuriers flamands, et ravage les côtes anglaises; et c'est de là qu'un peu plus tard les nefs flamandes emportent les croisés qui prendront Laodicée en 1097.  Godefroid de Bouillon trouvera des corsaires flamands et brabançons sur les côtes de Syrie devant les murs d' Antiochette .

Au fait, les Croisades exerceront une grande influence sur le développement du commerce et de la navigation des Flandres et l'on peut affirmer que le mouvement chrétien fut soutenu par l'intérêt économique et la recherche des affaires avec l'Orient.

La navigation entre la Flandre et l'Angleterre se développe et ce commerce nouveau est convoité par les Normands. Le comte de Flandre, Philippe d'Alsace, en est une victime : les navires qui, du Portugal, lui amènent sa fiancée, sont pillés, mais le comte de Flandre arme une flottille et extermine les pirates en 1186.

Au XIIIe siècle, les Flandres sont le point névralgique de la lutte pour l'hégémonie mondiale. Des flottes innombrables fréquentent la côte flamande. L'abbaye des Dunes à Coxyde, elle-même, est armateur. Tous les navires sont armés, qu'ils soient de pêche ou de commerce, ou professionnels pirates. Ils s'attaquent mutuellement, malgré les trèves que les princes essayent de conclure et de faire respecter. D'une manière générale cependant, Français et Flamands luttent contre Anglais et Gascons.

" Chaque fois que les Flamands naviguent en compagnie de l'armée navale de France, ils marchent avec l'amiral et les gens de Seine à l'avant-garde, à cette place d'honneur que les Espagnols n'oublieront jamais de leur réserver exclusivement plus tard."

Suit le XIVe siècle, et la grande lutte des Flamands contre Philippe le Bel. Les marins de Flandre combattent les Anglais et les Français ; bien souvent, ils s'attaquent encore entre eux, d'un port à l'autre ; nos « Frères de la côte » sont toujours là où il y a à piller : ils écument la mer, capturent les marchands.

Bref, un désordre empreint de grandeur, malgré les pilleries et les massacres, d'où surgissent des figures d'hommes de mer flamands : van Biervliet, van Gavere, Crabbe.

Et puis s'engage la guerre de Cent-Ans ; elle débute en mer. L'amiral français concentre une flotte au Zwin ; ses troupes s'empressent, dès leur arrivée, de saccager la côte ; la riposte est vive : 8,000 Flamands prennent à revers les 60 navires de la troisième ligne française et déterminent la débâcle.

Dès le haut moyen âge donc, activité maritime considérable sur les côtes de Flandre. Le trafic s'étend á toutes les parties du monde et se fait par mer. L'influence du port de Bruges, vaste entrepôt, s'étend à tout le nord de l'Europe.

La Flandre est rattachée à la Maison de Bourgogne en 1384. Elle continuera à être une base d'opérations contre l'Angleterre. Ainsi, le 20 mai 1385, Jean de Vienne sort du Zwijn avec 183 voiles et, un an plus tard, une autre flotte française se concentre à L'Écluse .

Les pirates se multiplient ; les Normands attaquent les Anglais, et les Zélandais les Flamands ; les Anglais s'en prennent aux navires battant pavillon de France ou pavillon de Bourgogne ; Dunkerque, Nieuport, Ostende arment en course.

L'amiral de Flandre, Jean van Blanckaert, avec ses lieutenants van Aertrike et De Graeve, est chargé par Jean sans Peur d'escorter les navires marchands et de protéger le commerce ; sa flotte attaque aussi bien les ennemis anglais et les navires d'Anvers, que les marchands mêmes qu'il doit protéger.

Malgré les condamnations à l'exil infligées à leurs capitaines par Bruges, Ypres et Gand, assaillies de réclamations, malgré les trèves des princes, la mer demeure le théâtre d'un brigandage en règle.

A côté de ces pirateries, des opérations navales plus régu­lières : au printemps de 1436, le duc de Bourgogne complète le siège de Calais en y envoyant sa flotte sous le commandement de l'amiral flamand, Jean de Hornes. Les ports de Flandre souffrent de la confusion qui règne dans le commerce. Cependant, en 1446, le navigateur brugeois Jean vanden Berghe, découvre les îles Flamandes (Açores). La navigation vers les Indes s'organise ; par la route du cap de Bonne-Espérance, les navires d'une première Compagnie des Indes orientales effectuent les longues randonnées. Les ducs s'attachent à protéger leur commerce.

Les Flamands se battent entre eux : Ostende et Bruges se révoltent contre Maximilien ; Dunkerque et Nieuport prennent le parti de l'Archiduc. Ils s'enlèvent réciproquement leurs navires en une série de coups de main. La colonie espagnole déserte Bruges que la mer abandonne ; à partir de 1488, Maximilien promet aux marchands castillans la jouissance, à Anvers, des privilèges dont ils bénéficiaient á Bruges. La prospérité d'Anvers s'établit sur les grandes entreprises coloniales des Espagnols et des Portugais.

Mais le lion rouge de Hollande et le lion noir de Flandre seront remplacés par le pavillon de Bourgogne. Lentement, l'influence des Etats de Flandre et son indépendance vont diminuer. Le mariage de la fille du Téméraire donnera les Pays-Bas à des princes autrichiens et espagnols ; et nos provinces leur apparaîtront finalement comme des possessions lointaines.

De cette situation troublée : guerre entre puissances voisines, révolte en Flandre, dissensions en Hollande, Gueldre et Frise, une grande nation, indépendante et libre, eût pu se dégager.

Nos destinées étaient autres : les marins et les marines des Etats belgiques vont être absorbés lentement par des nations étrangères.

 

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Nous voici au XVIe siècle et à la domination espagnole. Les Flamands luttent contre les Danois, les Gueldrois, les Hanséates; ils soutiennent les Anglais contre les Français. De nombreux navires flamands participent au transport, d'Angleterre à Calais, des troupes d'Henri VIII, en juin 1511; ils se joignent aussi à Henri VIII pour escorter Charles-Quint en Espagne.

Avec leurs vaisseaux, les capitaines flamands André de la Capelle, Jean de Croesere, protègent le commerce de leur pays ; ils attaquent les Écossais et les Français. Ces derniers les assaillent avec plus de 8o navires. Le 21 mars 1552, le baron de la Garde, avec 25 vaisseaux, s'empare d'une flottille d'Anvers. L'année suivante, pour éviter leur prise, les 23 navires de la flotte d'Anvers sont convoyés jusqu'en Espagne par l'escadre de l'amiral Adolphe de Bourgogne et des deux vice-amiraux van Meckeren et Deleu.

Les bateaux de convoi ne sont pas suffisants ; aussi, tout bâtiment marchand reçoit l'ordre d'assurer sa propre défense. Quant à la flotte, elle est placée sous les ordres d'un lieutenant de l'amiral et divisée en trois escadres : de Flandre, de Hollande et de Zélande. Un siège de l'amirauté est créé à Gand, en août 156o. Le comte de Hornes, amiral de la mer, est autorisé à se faire assister par deux conseillers du Conseil de Flandre. Parmi les amiraux de cette époque, nous relevons encore le comte d'Arenberg; parmi les conseillers, Charles de Malines, bourgmestre d'Anvers.

Gérard van Meckeren, qui commanda l'escadre de Flandre pendant vingt-cinq ans, avait inauguré la série des grands corsaires. Ah ! le beau tableau que nous laisse Malo de son navire préféré, Le Faucon, acheté à un marchand d'Anvers :
« Sa poupe peinte en rouge flamboie sur les flots. Le vivant coloris de pavesades chatoie au soleil ; au vent claquent pavillons, pennons et flammes, ceux de l'empereur, de l'amiral, de van Meckeren, de Bourgogne >.

Race étonnante de corsaires qui, pendant trois siècles, illustrera encore la côte flamande. Je ne puis vous narrer leur histoire ; elle vous apparaîtrait comme une légende, tant il y avait de ténacité, de foi, de force, d'énergie, d'héroïsme au cœur de ces hommes qui ne voulaient pas que le pavillon de leur pays disparût de la mer.

Une grande période de notre passé maritime va finir. En 1566 la révolte des gueux éclate sur mer ; tous les aventuriers vont les rejoindre.

La pêche et la marine de Flandre s'écroulent sous leurs coups. Le duc d'Albe ordonne à Anvers et à Gand d'armer contre eux des navires ;  il concentre, en 1570, dans l'Escaut une flotte considérable dont l'unité la plus importante, parmi 26 vaisseaux de guerre, est le Martin Janssen, merveille d'architecture navale, de 1,500 tonneaux, construit à Anvers.

Les gueux assaillent la côte belge, débarquent en 1571 à Oostduinkerke, à Kerke-Panne, à Adinkerke, à Coxyde et veulent piller l'abbaye des Dunes.

Les États de Flandre tentent de réagir. L'Espagne mène une lutte impitoyable ; ses escadres, battues par les gueux et la tempête, vont s'évanouir. En 1576, Philippe II n'a plus, dans les Pays-Bas, ni ports, ni marine. Farnèse essayera de réorganiser celle-ci ; les expéditions se succèdent. Cependant, le duc de Parme veut porter un coup décisif aux nations protestantes qui s'allient pour dominer le monde : une immense escadre est rassemblée pour détruire la flotte britannique ; à Anvers seul, 40 navires de guerre sont armés. Malgré les efforts de Farnèse, l'invincible Armada périra toute entière, en 1588.

Après cela, la guerre de course va prendre un essor extraordinaire ; les Flamands de nos côtes vont mener la vie dure aux Confédérés, tandis que la flotte stationnée sur l'Escaut pourrit lentement.

La fin de notre grande marine approche : l'Archiduc Albert demande à l'Espagnol Frédéric Spinola d'amener dans les eaux flamandes, huit galères.

Philippe II prépare encore contre l'Angleterre une nouvelle expédition en février 1597, où figurent 25 hourques flamandes ; mais le grand amiral de Wacken, à cause de sa qualité de Flamand, tombe en disgrâce ; il en mourra de chagrin.

Derniers soubresauts : son successeur, le vice-amiral de Flandre Adrien Diriecksen, donne une ultime impulsion à la marine ; il participe aux opérations relatives au siège d'Ostende. Il est recherché par l'ennemi ; 14 vaisseaux s'acharnent contre lui seul ; pendant un jour et demi, il résiste, jusqu'au moment où, dans la nuit du 17 au 18 novembre 1605, le vice-amiral de Flandre tombe, transpercé d'un coup de lance au ventre, au cours d'une bataille engagée contre les vice-amiraux de Hollande et de Zélande.

Oh ! La mer vit à cette époque d'extraordinaires romans d'aventures ! Contre l'emprise des Hollandais et des Anglais, les corsaires de Flanche tenteront de se dégager, de rompre les blocus, de faire au commerce ennemi le plus de tort possible ; la guerre de détail se complétera par l'organisation de la guerre de course en escadre. Jacques Colaert, chevalier de Saint-Jacques, amiral de Flandre, fera des prodiges avec ses vaisseaux ; les corsaires prendront, en 1629, 152 bâtiments. Mais Maarten Tromp conduit les Hollandais ; il bat aux Dunes l'Espagnol Oquendo ; l'hégémonie de la mer est perdue pour les nôtres et sur les flots va se dresser la puissance de nos frères du nord, assurant le développement formidable de leur nation.

En 1653, l'escadre belge cesse de combattre sous le vieux pavillon à la Croix de Bourgogne et est incorporée à la flotte espagnole.

La guerre et l'anéantissement du commerce ont ruiné les provinces « obéissantes ». Le peu de trafic qui subsiste en Flandre et Brabant ne peut s'écouler que par les frontières terrestres.

Pour comble, le roi d'Espagne lui-même retire à ses sujets de par-deçà, la liberté de la mer. L'acte de cession de la souveraineté des Pays-Bas aux archiducs Albert et Isabelle, stipule en son article 8, qu'il nous est défendu, sous peine de confiscation ou de mort, d'envoyer des navires aux Indes orientales ou occidentales. C'était barrer la route, recherchée dès avant les Croisades, enfin ouverte vers le fabuleux Orient, terre des trafics et des richesses.

Pendant ce XVIIe siècle, l'immense empire de Charles-Quint va s'effondrer par les maladresses de Philippe II et les faiblesses de ses successeurs, En 1648, nous faisons les frais du traité de Munster ; la Hollande obtient la fermeture de l'Escaut. En 1662, Dunkerque, la grande ville des Flandres, passe définitivement à la France.

La Belgique sera l'éternelle sacrifiée des guerres; mieux soutenue, plus indépendante, mieux organisée, avec un sens national plus aigu, elle eût pu, sans doute, renverser ses destinées.

Temps d'abaissement et d'épreuve.

Mais notre pays ne meurt pas. Nieuport et Ostende continuent la guerre de course et la pléiade des héros de la nier grandit.

 

Et puis s'ouvre le XVIIIe siècle. Lamentable période. Un dernier soubresaut au début : fondation à Anvers de la Compagnie des Indes qui, par le port d'Ostende, pourra faire, pendant quelques années à peine, un commerce fructueux. Mais sous la pression des grands rivaux, Charles VI dissout la Compagnie et nos derniers marins iront prendre du service à l'étranger.

Le pays se replie sur lui-même ; il ne participe plus à la vie internationale. L'Escaut reste fermé, Anvers est sans navires et Bruges, l'abandonne, s'endort dans ses vieux murs.

Et ce siècle de petitesse et de servitude passera ainsi pour nous, malgré la guerre de la Marmite et les intentions bienveillantes de Joseph II.

Puis une aube d'espoir se lève avec les idées de liberté de la Révolution française. Napoléon s'intéresse à Anvers ; le port est réoutillé, Ostende est réarmé. L'Empire tombe. C'est l'union avec la Hollande.

 

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Telle est la fresque, largement brossée, des grands épisodes de notre histoire maritime. Je ne l'ai point émaillée d'anecdotes; elles eussent été poignantes. Il fallait uniquement rappeler nos premières luttes sur la mer, pour mieux situer l'effort maritime du début de notre indépendance.

Nous avons voulu faire ressortir les aspirations de notre peuple, ses besoins économiques, sa nécessité d'expansion à travers les siècles, et montrer comment, lorsqu'il est conscient de sa force, que sa vie se déploie large et entière, qu'il suit sa vraie destinée dans toute son indépendance, sous la direction de princes éclairés et forts, comment il base sa force d'expansion et de rayonnement extérieur sur sa marine et sur la mer.

C'est ce que nos Princes ont compris et voulu, quand ils étaient vraiment chefs de ce pays, qu'ils suivaient ses besoins et qu'ils voulaient sa Grandeur.


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L'Histoire se déroule logiquement. A travers les âges, la vie des hommes, sur les mers comme dans les campagnes ou au cœur des cités, est faite d'histoires, petites ou grandes, qui peuvent être attrayantes par elles-mêmes, qui se suivent, se tiennent, et dont l'ensemble forme des périodes d'humanité. L'Histoire tout court surgit de ces vies multipliées, comme les châtons s'épanouissent sur une même tige dressée vers la lumière.

Il s'en dégage, avec un recul suffisant, des enseignements, des idées-force qu'on peut retrouver à travers les générations, qui forment les traditions d'un peuple et qui justifient une nation.

Notre Marine royale devrait, en réalité, être rattachée à nos marines d'antan. Nos marins de 183o à 186o n'ont été que les successeurs de ceux de naguère. Nos princes ont eu les armes des chefs de tous les temps ; ils ont suivi les politiques que les conducteurs d'hommes ont adoptées, toujours et partout, lorsqu'ils ont voulu la grandeur du pays.

Une marine est une arme de Roi, d'autorité suprême qui suit, à travers les hommes qui passent, une politique de défense et d'expansion.

Marine royale. Arme de Roi.

Sous la Maison d'Angleterre, depuis Élisabeth jusqu'à Georges V, elle a fondé l'Empire de la Grande-Bretagne.

Aux grandes époques de la France, elle a appuyé l' œuvre des rois.

Avec les princes d'Orange, elle a fait naître les Pays-Bas. Elle devait réaliser les buts économiques de nos comtes de Flandre et des ducs de Bourgogne.

C'est elle que notre premier Roi ambitionnera de créer et d'utiliser pour ouvrir à notre petit pays, replié sur lui-même, des hori­zons plus larges, en même temps que des marchés extérieurs.

Léopold Ie, par son premier mariage avec la princesse Charlotte, fille du Régent de Grande-Bretagne, a reçu pendant son séjour dans ce pays, première nation coloniale et maritime du monde, une éducation royale. La Belgique va bénéficier de cette formation exceptionnelle. Au cours de son Règne, nous assisterons á des essais multiples d'expansion; alors que le pays cherchait encore sa voie, il a compris que, surpeuplée, la nation ne peut vivre uniquement sur son territoire, qu'elle doit exporter pour vivre, qu'il lui faut par conséquent des comptoirs à l'étranger et qu'elle ne peut les posséder sans colonisation, sans expatriation, sans marine de commerce et même, à cette époque, sans marine de guerre.

L'action royale s'exerce pour susciter les projets ou pour les appuyer auprès du Gouvernement. Dès 1835, nous voyons De Lescluse partir pour l'Algérie; en 1837, la création d'une colonie sur les côtes de Guinée est envisagée avec l'assentiment de l'Angleterre; les circonstances politiques firent renoncer à ce projet.

De 1839 à 1843, des négociations sont entamées par le consul Blondeel en vue de la cession de la province d'Agami en Abyssinie.

Vient ensuite l'essai de colonisation de Santo Thomas.

En 1847, l'idée se fait jour d'établir une colonie agricole dans une région à découvrir par notre marine royale ; le Parlement s'y oppose.

Puis vient la tentative plus poussée du Rio Nunez.

Des capitalistes songent aux îles Philippines. D'autres jettent les yeux sur la Crète et Chypre, vers l'Océanie, vers l'Amérique centrale, vers l'Amérique du Sud.

La Marine collaborera à ces tentatives d'expansion économique. Pourtant, le pays n'est pas mûr. Les circonstances ne sont guère favorables. Les gouvernants eux-mêmes ne comprennent pas toujours et le règne passe. Les colonies dépérissent; la Marine meurt.

Mais un Fils succède au Père, et bienfaits de la dynastie héréditaire Léopold II, à dix-huit ans, fort de cette lourde et profonde expérience paternelle, prendra attitude au Parlement. Au cours de son grand règne, il réalisera tout seul, contre tous, le Congo. Cette réalisation, unique dans l'Histoire, est et restera une exception qui ne fut possible que grâce au génie d'un homme. Ce même homme comprendra la nécessité d'une marine et mettra tout en œuvre pourqu'elle naisse un jour, ne fut-ce que sous le pavillon marchand des compagnies maritimes.


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Marine royale ! Elle naquit bien modestement.

Nous voici en 1830. Nos pères, vêtus de blouses, armés de piques, conquièrent la liberté. Mais après le lourd passé de tutelle étrangère, ils trouvent un pays sans infrastructure, sans cadres, sans rouages administratifs. Tout est à faire : créer les institutions et trouver les hommes.

Nos frères du Nord gardent la flotte comme ils conserveront les colonies et espèrent s'assurer les points névralgiques de notre pays. Ils tiennent Anvers avec Chasse. L'importance de la Flandre Zélandaise pour la souveraineté de l'Escaut, tout comme celle de l'enclave de Maestricht pour la souveraineté de la Meuse, ne leur échappe pas.

Autour de l'Escaut s'engage la lutte suprême ; les Hollandais y concentrent une frégate, trois corvettes, quatre canonnières et deux anciennes frégates marchandes. Le danger est grand : l'ennemi peut opérer des incursions le long des rives du fleuve et de la côte, mettre obstacle à tout trafic transatlantique. Pour combattre le danger que constituait cette flotte hollandaise sur l'Escaut, certains conçurent le projet de la détruire par des brûlots et l'ancien officier de marine Gras, à cette époque ingénieur du chantier Fleury-Durav à Boom, adressa au général Mellinet un projet dans ce sens : quelques vieux bateaux devaient être remplis de matières inflammables, attachés les uns aux autres par des chaînes et abandonnés au courant...

Le 15 décembre, un armistice intervient ; le pays songe à s'organiser ; nous retrouvons une note du même M. Gras sur la nécessité de constituer une force navale et de créer un Ministère de la Marine pour protéger le commerce. Tout un programme d'action s'y trouve : établissement d'une force navale pour nettoyer l'Escaut, avec force détails : le brick La Caroline, appartenant à l'armateur M. Coghen, de Bruxelles, pourrait être armé immédiatement de seize canons de six ou de huit et stationner à Saint-Bernard en attendant qu'il pût agir d'une manière plus efficace du côté d'Anvers. Des bâtiments se trouvant en construction.

Boom et à Anvers pourraient être achevés de manière à servir de corvettes de 18 à 20 et 24 canons.

Le projet de M. Gras ne reçut aucune suite.

Cependant, le Congrès national reconnut l'utilité d'une marine militaire. Le représentant Osy intervint pour faire acheter quelques canonnières et pour joindre provisoirement le département de la Marine à celui de la Guerre. Si la première idée était bonne, la seconde l'était beaucoup moins ; elle ne fut heureusement pas suivie. Car chez nous, comme dans d'autres pays, l'expérience a, par la suite, été concluante : armée et marine sont deux entités radicalement différentes en elles-mêmes, qui vivent dans des milieux tout autre, nécessitent une organisation spéciale et une direction autonome.

Le 21 février 1831, le Gouvernement décida la construction de deux brigantins armés de huit canons, pour la défense des côtes et des rivières. Ils furent construits sur les chantiers Fleury­-Duray et furent dénommés Le Congrès et Les Quatre Journées. Les quilles des navires furent posées à Boom, le 5 mars, et Sylvain van de Weyer, ministre des Affaires étrangères et de la Marine, alla solennellement y enfoncer le premier clou.

Le 7 juin, le Régent décréta la construction de quatre canon­nières gréées en goélettes et armées de 4 canons ; un lieutenant de vaisseau, Schockeel, fut nommé et prit le commandement des 320 marins.

Cependant, la construction des brigantins subit des retards: les plans étaient défectueux.

Entretemps, Chasse dénonce l'armistice le 1ier août 1831. Le 5, le capitaine Koopman qui commande la division navale hollandaise en rade d'Anvers, remonte l'Escaut avec deux bateaux à vapeur pour s'emparer à Boom des brigantins. Ceux-ci sont évacués d'urgence par le canal de Willebroeck à Bruxelles, et Schockeel organise la défense des environs de Boom pour préserver les chantiers de construction navale ; pour prévenir une incursion par eau, il fait tendre une forte chaîne de barrage à l'embouchure du Rupel... Le 20 août, une suspension d'armes est conclue et les brigantins prolongent leur séjour dans le bassin de Bruxelles. Ils y furent rejoints, à leur achèvement, par les quatre canonnières-goélettes, les marins étant utilisés à la construction d'un barrage dans l'Escaut.

Le budget de 1832 ne maintint un crédit que pour l'armement des seuls brigantins Le Congrès et Les Quatre Journées destinés à empêcher la fraude douanière ; il ne fut prévu de traitement que pour le personnel strictement nécessaire à ces deux bateaux. Le rapport ajoutait : « Il faudrait aussi un officier de santé, mais comme on sera toujours près de la côte, on fera mettre les malades à terre »...

Il fallut des interventions à la Chambre pour que le Gouvernement décidât d'armer la flottille stationnée à Bruxelles, à l'aide de pièces de la Fonderie royale de Liége et de trois canons pris à l'ennemi au cours de la campagne de dix jours.

Le 5 août 1831, deux canonnières hollandaises avaient engagé une action contre le poste de l'écluse du Hazegras pour appuyer une attaque sortant de la ville de Sluys ; celle-ci est repoussée ; les Hollandais sont obligés de se retirer. Une des canonnières ne parvient pas à se dégager et est abandonnée par son équipage après avoir été incendiée. Nos soldats en retirent trois pièces d'artillerie.

Le 30 avril 1832, les brigantins sont armés en service et quittent l'Allée Verte sous le commandement de Schockeel, pour se rendre à Rupelmonde. Mais les six petits bâtiments que nous possédions, élément naval trop faible et incomplet, ne purent prendre part à la guerre de l'Indépendance. Ils restèrent en observation devant le fort de Burght, occupé par l'ennemi. Le général Buzen, commandant la place d'Anvers, demanda vainement un brigantin pour gêner les communications avec la Citadelle à laquelle nos bons paysans apportaient des légumes et... des renseignements précieux.

Un de nos officiers de marine, l'enseigne de vaisseau Van den Broeck, fut détaché avec quelques marins auprès du général français Sebastiani occupant la rive gauche de l'Escaut et prit part à toutes les rencontres avec l'ennemi, dans cette région. Dans la nuit du 23 décembre, au moment de la capitulation de Chassé, Koopman détruisit une partie de ses canonnières et essaya de passer avec six embarcations ; n'ayant pas réussi, il brûla ses derniers vaisseaux et se rendit avec tous ses hommes. Une canon­nière hollandaise s'étant échouée, Van den Broeck, en service au Fort Sainte-Marie, en captura l'équipage. Peu après, nos officiers de marine relevèrent les canonnières coulées par Koopman et augmentèrent ainsi notre flottille de guerre. Les anciennes chaloupes hollandaises, armées de cinq canons, furent employées àbarrer la route aux bateaux hollandais qui forçaient, en 1831 et 1832, le passage des Polders inondés.

Au début de 1834,1a flottille se composait de 14 bâtiments, tous stationnés dans l'Escaut : un brigantin Les Quatre Journées et deux canonnières aux avant-postes du Port.  La Croix, un brigantin et 10 canonnières en stationnement en rade d'Anvers.

En 1838, les deux brigantins furent envoyés à Ostende. Ils durent, après une première sortie, rejoindre le port, leurs commandants ayant reconnu l'impossibilité de les aventurer au large. Les canonnières restèrent à Anvers pour servir de garde aux avant-postes, visiter les bâtiments à leur remontée de l'Escaut, assurer le service de la quarantaine et faire fonction de patache pour la douane.

Ainsi se termine une première phase de l'histoire de notre Marine royale.

 

-A suivre

 

 

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