HISTORIEK  HISTORIQUE  HISTORIC

 

       Histoire de la ville d'Ostende et du port (III)                                                                         

En 1554, soulevée par une tempête affreuse, elle se précipite à travers les dunes et renverse de fond en comble Scharphoudt, ville considérable à hauteur de Blankenberghe, et Onze-lieve-Vrouw-ter-Streep, village à l'ouest d'Os­tende, qui disparurent sous les eaux. Ceux des habitants de Scharphoudt, qui échappèrent à ce cataclysme, allèrent s'établir non loin de là, à l'intérieur, contre une dune blanche, d'où est venu le nom de Blenkenberghe. À une petite distance du fort Albert, on voit une tour en ruine ; c'était anciennement celle d'un village de Ravesy qui n'existe plus. Un peu plus loin est Middelkerke qui paraît avoir été considérable, à en juger par les fondements de maisons qu'on y découvre. L'une des branches de l'Yperlée se rendait à la mer en ce lieu ; mais aujourd'hui cette embouchure est fermée par les sables, et des dunes s'y sont élevées. Une singularité, c'est qu'à l'endroit même où cette embouchure a existé, s'est formée une jolie fontaine d'une eau excellente qui sort du fond d'un petit bassin entouré de hautes dunes, et va se rendre dans l'ancien canal de l'Yperlée en se dirigeant vers l'intérieur des terres. Cette fontaine ne tarit jamais ; elle est sans doute alimentée par les eaux de pluie qui pénètrent dans les dunes. Lombarzyde, près de Nieuport, actuellement village fort misérable, était autrefois un port très-florissant. Le 23 juin 1115, pendant la nuit, une tempête violente détruisit la ville ainsi que les lieux environnants. Un siècle plus tard, la mer amena tant de sable dans le chenal, qu'il en fut presque obstrué ; ce qui obligea les habitants à vendre leur port à ceux de la nouvelle ville de Nieuport. La petite ville de Loo, à deux lieues de Dixmude, a eu un port de mer près de Lombarzyde. Dixmude a joui du même avantage, au moyen d'un canal qui amenait le flux jusque sous ses murs, avant que Nieuport fût connu. Le navire, chargé de meules à moulin, qu'on a trouvé en 1821, dans la tourbière de Mannekensveere, et dont nous avons parlé, vient à l'appui de cette assertion. Malgré toutes les précautions et des travaux dispendieux, Ostende fut envahi peu à peu, et après le siégé de 1604, ce qui était resté de l'ancienne ville passa entièrement sous la mer.

Des vestiges de ville, que nos pêcheurs trouvent à plusieurs milles en mer dans d'autres directions que Scharphoudt et Onze lieve-Vrouw-ter-Streep, et la tourbe que la nier rejette sur l'estran et qui provient, comme on l'a vu, des marais du temps de Jules-César, prouvent encore qu'elle a englouti des parties considérables de nos côtes.

Depuis le Zwin qui conduit à l'Écluse jusqu'à Ostende et depuis Ostende jusque vers Nieuport, la mer gagne encore beaucoup chaque année. Au-delà de Nieuport, la largeur des dunes dénote que la mer se relire sensiblement.

Mais il est à regretter que sur un objet aussi important que l'empiétement constant de la mer, il faille se borner à une appréciation vague et indéterminée. On trouverait peut-être des indices exacts dans les anciens titres de propriété de terres attenantes aux dunes.

Par exemple, de combien la mer fait-elle rentrer les dunes depuis passé deux siècles ? M. Belpaire semble en donner la mesure dans le paragraphe suivant, page 140 de son Mémoire.

« Au delà d'Ostende jusque vers Nieuport la mer continue à ronger la côte. Le fort Albert, élevé à une demi-lieue d'Ostende, lors du siège (1604 à 1604), se trouve presque entièrement sur l'estran. Intérieurement les dunes dépassent de beaucoup le hameau qui est attenant à ce fort, et sans une forte digue en pierres, la mer se serait depuis longtemps frayé un passage en cet endroit. Il deviendra indispensable avec le temps de démolir le hameau et d'y provoquer la formation de nouvelles dunes. »

Par ce paragraphe, conforme d'ailleurs au manuscrit déposé dans les archives de l'Académie royale de Bruxelles, M. Belpaire a-t-il entendu préciser le reculement des dunes à l'endroit du fort Albert? C'est ce que l'on peut inférer du contenu de ce paragraphe, de ce qui le précède et le suit, et il faut alors supposer que le mot Ostende, que nous avons souligné, a été mis par erreur pour le mot mer, et conclure que la mer en cet endroit a envahi une demi-lieue.

Nous avons recours à de Bonours, et nous trouvons que lors du siége de 1601 à 1604 , le fort Albert était établi sur une forte dune, qu'il dominait la plage et qu'il y avait une écluse au pied de son rempart : or les vestiges de cette écluse se voient encore à marée basse, et comme elle se trouvait au pied du rempart, on peut fixer à deux ou trois cents mètres, la distance que la mer a gagnée depuis ce temps en Cet endroit, ce qui offre une différence notable avec celle que semble indiquer M. Belpaire.

Voyons maintenant l'effet de la mer sur les darses qui viennent aboutir de chaque côté à Ostende.

Tous les plans de cette ville qui ont été faits lors du siège ou peu après, et notamment celui que nous joignons ici, qui a été tracé avec le plus grand soin, la représentent sur la mer de la manière suivante :
L'ancien havre à l'ouest entrant dans le fossé qui sépare aujourd'hui le rempart de la digue de mer et qui alors servait de port ou bassin. Au-devant de la digue, la vieille ville, s'étendant dans toute la longueur de la nouvelle, environ jusqu'à l'extrémité des vieilles estacades encore debout. Puis les dunes séparées de la ville par le havre d'Ouest et celui d'Est, et en ligne avec le point extérieur de la vieille ville. La ligne des dunes qui, à cette époque, passait par le point extérieur de la vieille ville qui a disparu, coupe la vieille ville actuelle presque au milieu. La mer a donc gagné à l'endroit d'Ostende, la distance qui sépare ces deux lignes que nous avons marquées sur le plan, c'est-à-dire environ quatre à cinq cents mètres, plus à l'ouest qu'à l'est, et presque le double qu'au fort Albert.

En voyant ainsi de temps immémorial la mer empiéter sur nos côtes, il est impossible de dire exactement jusqu'où elles ont pu s'étendre autrefois. Il est probable qu'au premier Ostende que l'analyste Meyer reporte à 814, en a succédé un autre, et que l'ancien Ostende, qui existait encore en partie en 1604, avait hérité ce nom d'un précédent Ostende, comme la neuve ville de cette époque est devenue vieille ville, par l'élévation des nouveaux quartiers, pour disparaître à son tour, si des travaux d'art ne s'y opposaient.

Quand on songe que toute la Belgique vers les côtes offre une plaine extrêmement unie, à peine au-dessus et souvent au-dessous du niveau de la mer, et que la mer, comme le démontre M. Belpaire, semble n'avoir abandonnée qu'à regret et pour y revenir; quand on considère que les dunes, si fragiles par elles-mêmes et protégées seulement par une grève que le vent peut enlever en quelques jours, sont en plusieurs endroits et notamment au fort Albert, à défaut de grèves assez hautes, déjà exposées  au choc de la mer, on peut craindre de voir se renouveler un de ces terribles débordements que nous avons rapportés et qui arrivent d'époque à époque, venir se précipiter comme autrefois à travers les dunes et couvrir de nouveau une grande partie du pays. Lors du dernier mauvais temps, le 3 mars , nous avons pu nous convaincre que si la mer avait monté pendant une demi-heure de plus, elle aurait fait irruption à l'est et surtout à l'ouest du fort Albert, deux endroits extrêmement faibles ,, se serait jetée au loin dans la campagne et aurait inondé une grande partie du pays.

Devant cette effrayante possibilité, nous faisons des vœux, gigantesques sans doute, mais non irréalisables, pour qu'un talus en pierre, à l'instar de ce qui se voit devant Ostende, Blankenberghe, le fort Wellington et le fort Albert, s'élève sur toute l'étendue de la côte, à commencer par les lieux les plus menacés, et garantisse pour toujours le pays contre les inondations et l'empiétement constant de la mer.

Ostende ne peut guère se flatter d'une origine très ancienne et encore moins glorieuse. Il ressemble en cela à la plupart des villes de la Flandre et surtout à celles qui avoisinent lamer. Ceux qui ont voulu y placer un port ainsi qu'à Furnes et Scharphoudt, lors del'invasion romaine, n'ont pas songé que l'état de nos côtes à cette époque reculée, rend d'abord leur hypothèse tout à fait impossible.

Bowens rapporte que Jules-César, en parlant des divers peuples de la Belgique, dit que le littoral de ceux de Gand (Garduni) s'étendait jusqu'à  la mer et qu'il y avait un port gardé par des soldats nerviens. Citant d'Anville qui y voit le port Épatiac dont il est fait mention dans les Commentaires de César, et qu'on ne sait encore où mettre, Bowens ajoute que, quelque vraisemblable que soit l'opinion de d'Anville, il y a une présomption non moins forte en faveur d'Ostende ; présomption qu'il trouve dans la situation des lieux, dans les grandes criques et arrières-eaux qui ont dû, selon lui, y exister de tout temps et ont pu naturellement y creuser un port. S'il était vrai, comme le présume cet auteur, qu'Ostende existait à l'arrivée des Romains, et qu'alors il y avait des criques et arrières-eaux, on pourrait admettre que cette cité possédait déjà alors un port, et, à la rigueur, que ce port ait pu être aussi bien que tout autre de la côte, le port Épatiac de d'Anville; mais là encore se bornerait toute la présomption.

Quant au Portos Itius, d'où César fit sa première expédition sur l'Angleterre et avec lequel on est presque aussi embarrassé qu'avec le port Épatiac, il est hors de doute que les auteurs qui l'ont placé à Furnes, Ostende, Scharphout et même à l'Écluse, ont été plus désireux d'enrichir le pays d'un souvenir historique, que soigneux de rechercher la vérité, car on sait que la Morinie ou la Ménapie, où ce port aurait dû se trouver, couvertes de forêts et de marais, tinrent bon à l'approche des armées romaines ; que les armées romaines, lors de la première expédition de César sur l'Angleterre, n'avaient pas encore pénétré dans la Morinie; qu'au contraire elles en avaient été repoussées avec perte , qu'enfin ce ne fut qu'à son retour d'Angleterre, que César, voulant en finir avec les Morins, forma et fit exécuter en partie le projet d'abattre les forêts afin de faire la conquête de leur pays.

Si donc la côte de Flandre, comme on le suppose, avait un port à cette époque, il est établi que la bravoure que les Morins déployèrent à défendre leurs frontières, ne permit pas aux Romains de venir s'y embarquer. C'est là un souvenir historique plus glorieux pour les Belges, que ne le serait celui de voir César séjourner en conquérant chez eux.

Hâtons-nous de démontrer que toutes ces hypothèses sur l'état de nos côtes au temps de Jules-César sont inadmissibles. On vient de voir dans la notice que la tourbe que l'on rejette sur l'estran dans les gros temps provient des marais dont parle Jules-César; que les objets d'art que l'on découvre fréquemment entre la tourbe et la couche de glaise qui y est superposée, donnent la certitude que la première invasion de la mer depuis sa retraite {que M. Belpaire fait remonter au déluge universel) a dû avoir lieu pendant ou peu après la période romaine ; qu'il n'a pu exister dans les marais d'une surface unie et beaucoup plus bas que le niveau de la mer, des criques et des arrières-eaux formées par une irruption journalière qui aurait nécessairement détruit la végétation des plantes aquatiques qui ont produit la tourbe que l'on trouve sur toute la côte; qu'au contraire, il a dû exister un obstacle, des dunes, entre les marais et la mer, et que celle-ci n'a franchies qu'au v° siècle. D'où il faut conclure qu'il est physiquement impossible qu'il y ait eu au temps de Jules-César des ports aux lieux où sont situés Furnes, Ostende, Scharphoudt ou Blankenberghe, et même sur toute l'étendue de la côte et à une grande distance en mer où l'on trouve des vestiges des anciens marais.

Le port des Nerviens, dont nous avons parlé plus haut, qui est vraisemblablement aussi le port Épatiac et le Portus Musa donc da se trouver plus au couchant, peut-être dans une partie de la Morinie, qui étant moins boisée et marécageuse, offrait un accès plus facile à l'armée romaine.

En effet, la généralité des historiens, en supposant les raisons qui militent en faveur de Wissant et Boulogne, s'accordent à placer le Portus Mus à cette dernière ville. Il faut encore y placer le port Épatiac, s'il est vrai, comme le dit la notice de l'empire, rédigée au 'commencement du Ve siècle, sous l'empereur Honorius, qu'une division de la flotte romaine, destinée à la défense de ces côtes, se tenait sous les 'ordres du tribun militaire des Nerviens dans le port Épatiac. On a la certitude que Boulogne était le lieu de résidence du tribun commandant la flotte romaine, par la découverte faite le 7 mai 1769 près de cette ville, d'un monument dont une des inscriptions indique positivement que le tribun militaire ayant le commandement de la marine romaine pour les expéditions contre la Grande-Bretagne, résidait eu ce lieu.

On comprendra d'après ce que nous venons de dire, qu'on ne saurait faire remonter l'origine d'Ostende au temps de Jules-César, et qu'il faut de toute nécessité la chercher dans des temps plus rapprochés.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on ne trouve absolument rien qui concerne Ostende avant le IXe siècle. L'analyste Meyer est l'auteur qui en parle, sous la date la plus reculée. Selon cet auteur, une charte de 8i4 porterait qu'un certain Gobert de Steenland aurait fait don à l'abbaye de Saint-Bertin à Saint-Orner, de trente-trois petites villes et villages parmi lesquels on remarquerait Ostende. D'abord de peu d'importance, il parait que de fréquentes inondations de la mer, des maladies pestilentielles et l'invasion des Normands, auraient réduit le village d'Ostende à l'extrême misère, et qu'ainsi il serait tombé dans l'oubli jus­qu'en 1072, époque à laquelle Robert, dixième comte de Flandre, y fit bâtir une église en l'honneur de saint Pierre, pour qui il professait une vénération particulière. Selon saint Arnolphe, la Flandre était vers 1084 remplie d'assassins ; on était si familiarisé à tuer, qu'on avait honte, lorsqu'on laissait passer un jour sans faire couler le sang. Le pays de Bruges, dont Ostende faisait partie, se rachetait de ce massacre journalier, moyennant une rançon annuelle de dix mille marcs d'argent. On trouve une pièce de 1172, par laquelle Philippe, comte. de Flandre, déclare prendre possession des terres que la mer a abandonnées dans les communes de Slype, Leffinghe, Steene et Onze ­lieve-Vrouw-Kapelle. Par cet acte, le comte déclare accorder à perpétuité, pour le salut de son âme et celle de ses ancêtres, la dime de ce terrain aux templiers ; et pour que sa décision soit irrévocable, il la scelle de ses armes en présence de deux témoins dignes de foi, Robert, trésorier de Thourout et chancelier de Flandre, et Rogerus, châtelain de Courtrai, qui y apposent chacun cette marque + en guise de signature. On voit encore qu'à quelque temps de là, le même comte était allé faire la guerre sainte, où il s'était signalé. A son retour, il relâcha au Portugal et y maria Mathilde, princesse royale de ce pays. Mathilde partit de Lisbonne pour la Flandre avec quatorze navires chargés des armes que le comte avait prises sur les Sarrasins et de ses propres joyaux, tandis que lui revenait par Paris en compagnie de ses deux frères. Mais, surprise par des pirates de Cherbourg, elle perdit presque toute sa flotte, et courut même les plus grands dangers pour sa personne. A celte nouvelle, le comte, exaspéré, arme des navires, débarque à Cherbourg qu'il livre au pillage, et s'empare des principaux notables qu'il amène à Ostende, Blankenberghe et Damme, où par ses ordres, ils sont décapités et leurs cadavres exposés sur la grève (1189).

Mais le document le plus ancien et qui est d'une authenticité incontestable, c'est une charte de la comtesse Marguerite, fille de Baudouin de Constantinople, qui établit la commune d'Ostende. Nous la rapportons textuellement.
« Nous Margherite, comtesse de Flandres et de Haynaû, et nous Gui son fils, conte de Flandres et Marchis de Namur, faisons savoir à tous, nous, à nos eschevins et au commun de notre ville de Oosthende, la quelle, avons fais franchir par Wilamme Jadiz, prevost de Mons, notre cher clerc et foiable (féal) , par Philippo de Poulz, adont (autrefois) notre bailli de Bruges, par Michel de Lembeke chevalier, et par maistre Jehan du Mont-Saint-Eloy, notre foiable (féal) clerc à ce banlieu, si comme elle est enseignée et borguée entour (telle qu'elle est circonscrite), avons donné es dunes masures à rente, en cette ville, a céans, ki en suffi. (sont) mis au brief de nos rentes, ke de ce est fait, et a céans ki encore y veûront manoir (viendront y demeurer) et se feront mettre en celui brïef et ki ores en droit y sent manant) , (et qui maintenant y sont de droit habitants), ensi ke si après est deviset (divisé) ; c'est à sa­voir, ke chascune masure contient de front trois vergh de leit (de large) et seit vergh de lonc. C'est à chascune masure vint et une vergh dont chascune doit quatre de­niers. C'est la masure seit sols de la monnoie de Flandres, de rente paier chascun an a nos briefs devant dis, à la Saint-Martin en yver; et selor avons donné une plache pour lor marché tenir franchement sans rente, de qua­torze vergh lone et de onze vergh de leit (de large). Et avons encore octroyé as eschevins et au commun de la ville devant dite , une plache ki contient wit vergh de lonc de front, et sis vergh an a (en aval) de leit, c'est deus masures ou ils doivent faire une halle et retenir a lor coust, dont nous devons avoir l'une moitié des proufiz et les devant dis echevins, et commun l'autre moitié. Et si avons octroyé et octroyons, ke se il avient ke lor beste eschapent par defaut de garde eu nos dunes, ke on ne les prenne ni pour ce a fourfait (qu'on ne les prenne pas en contravention) : si il avenoit qu'ils le fistent par usage ou par costume, ou ke ils les i laissassent trop longhement, or se ensi ils le faisoient nous en voudrions avoir le fourfait en temoignage. Et en conformance de toutes ces choses devant dites, nous avons donné as eschevins et au commmun de la ville de Oosthende, devant dis, les présentes lettres scellées de nos seautz ki furent donnés en l'an del incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, MCC soysante et seit, en la vigile de saint Pierre et saint Pol apostoles, sous les seautz de ladite dame et dudit conte son fils, en laz de soye et cyr vert ».

Par ce privilège, Ostende fut élevé de village au rang de ville.

Les armes données à la ville par la comtesse Marguerite, et qui, à ce que l'on croit, étaient une clef noire sur un bouclier d'or, furent brisées en 1303, par ordre de Philippe, comte de Flandre, qui en accorda d'autres, lesquelles se perdirent. Une pièce authentique de 1544, déposée aux archives de la ville, offre une empreinte de ces armes, en cire rouge, à moitié détruite par le temps. On voit d'un côté l'image de saint Pierre, tenant une clef dans la main droite : de l'autre, fortement endommagé, on n'aperçoit qu'un bras, une clef et ces mots : A deo.

Une autre charte de la comtesse Marguerite, de 1270, contient rachat de certains droits qu'avait sur Ostende, le chevalier Waterman, de Gand. Une troisième pièce renferme une convention entre ceux d'Ostende, ceux du Franc de Bruges et la wateringue du sieur Woutermans, à l'effet d'élargir un canal de décharge qui venait aboutir au sud de la ville. Dans un acte des bourgmestre et échevins de l'année 1335 , Ostende se trouve indiqué sous le nom d'Ostende-ter-Streep. Le village de Westende, à l'est de Nieuport, porte la même épithète de ter Streep , dans une charte de 1173. Il faut en conclure que la partie de la côte qui s'étend d'Ostende à Nieuport, se nommait de Streep, et qu'Ostende et Westende tiennent leur dénomination, de ce qu'ils sont situés aux extrémités de est et ouest de Streep.

Lorsqu'en 1334, la mer engloutis Scharphout et Onze­ lieve-Vrouw-ter-Streep, Ostende avait tellement souffert de cette tempête, qu'il fallut reculer son église. L'année suivante, le comte Louis permit de la démolir, et cette autorisation fut confirmée par l'évêque de Tournay. La nouvelle église fut bâtie à l'endroit où elle se trouve maintenant sur une mesure de terre qui avait été donnée à cet effet par un pieux habitant, Jacques de Cothem. Toutefois, le comte Louis n'accorda l'octroi nécessaire, qu'à la condition expresse et formelle, que durant sa vie, celles de sa femme et de son fils aîné, il serait dit annuellement une messe du Saint-Esprit, et après leur mort une messe de Requiem pour le salut de leurs âmes, le tout dûment assuré et garanti par actes authentiques, publications et approbations dudit comte, de l'évêque et du magistrat d'Ostende.

Dans la guerre civile suscitée par Louis de Maele, entre les Brugeois et les Gantois (1382), Ostende, qui appartenait à la bannière de Bruges', marche avec sa métropole sur Gand. Pendant ce temps les Anglais débarquent à Ostende, saccagent la ville et les environs et volent au secours des Gantois.

 

A SUIVRE

 

 

  LMB-BML 2007 Webmaster & designer: Cmdt. André Jehaes - email andre.jehaes@lmb-bml.be
 Deze site werd geoptimaliseerd voor een resolutie van 1024 x 768 en IE -11-Edge
Ce site a été optimalisé pour une résolution d'écran de 1024 x 768 et IE -11- Edge