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Un Breton à la découverte de l'Australie. Aleno de Saint-Aloüarn, le conquérant

 

Au XVIIIe siècle, les grandes nations européennes lancent de nombreuses expéditions maritimes d'envergure, à caractère commercial, scientifique ou politique, dans le but d'explorer le reste du monde encore inconnu, et d'annexer de nouvelles terres susceptibles d'être colonisées. Des marins d'exception, jeunes pour la plupart, ont ainsi sillonné les océans. Certains sont connus, pour avoir baptisé les contrées découvertes de leur nom ou de celui de leurs proches. D'autres, plus modestes, comme Aleno de Saint- Aloüarn, sont injustement tombés dans l'oubli. Pourtant, en 1772, ce Bretona pris possession pour le roi de France d'une portion de territoire située à l'extrême Ouest du continent australien. Si les archives en font foi, les preuves -matérielles de cette présence française n'ont été découvertes que tout récemment par une équipe de chercheurs aventuriers,dirigée par Philippe Godard.


Vendredi 16 janvier 1998, cinq heures et demie du matin. L'aube pointe sur le tarmac du petit aéroport de Geraldton, principal port langoustier de l'Ouest australien, à 400 kilomètres au Nord de Perth. Mes cinq com­pagnons d'aventure — tous des locaux — et moi-même achevons de remplir le Piper Navajo affrété pour nous emmener sur l'île de Dirk Hartog, à 450 kilomètres plus au Nord. Toiles de tente, matelas pneuma­tiques, sièges pliants, réchaud et même un grand drapeau australien qu'un des membres de notre équipe, peu superstitieux, a pris l'initiative d'emporter, tout est pointé et repointé méthodiquement.

L'avion met le cap sur la station balnéaire de Kalbarri, à l'embouchure de la rivière Murchison, avant de longer à faible altitude les sinistres Zuytdorp Cliffs. C'est au pied de ces falaises que le navire éponyme de la VOC — Vereenigde Oostindische Companie (Compagnie des Indes orientales néerlandaises) — vint se fracasser en 1712, abandonnant dans cette partie aride et désolée du continent ceux de ses deux cents membres d'équi­page et passagers qui parvinrent à prendre pied à terre — ce que l'on sait grâce aux vestiges retrouvés — mais dont on n'eut plus jamais de nouvelles.

Le but de notre voyage est de retrouver deux écus en argent et une bouteille renfermant un parchemin, enterrés par le navigateur breton Saint-Aloüarn en 1772, lors de la cérémonie d'annexion de la partie Ouest du continent australien au nom du roi de France, Louis XV. Calé au fond de l'habitacle, je serre contre moi un précieux dossier personnel relatif à cette expédition, dont je suis l'initiateur et l'historien. Dedans, des cartes marines, des photos aériennes prises lors d'un précédent survol, des photocopies de documents d'archives et quantité de notes et d'observations glanées depuis dix ans.

Au bout d'un peu plus d'une heure de vol, le bimoteur se pose sur une piste de terre battue. Une étrange odeur minérale flotte dans l'air. Quasiment aucun relief. Autour de nous, c'est la désolation : une manche à air en lambeaux, la carcasse rouillée d'un tracteur d'un autre âge, un sol sablonneux d'un brun rougeâtre, comme brûlé par l'implacable soleil des tropiques, une végétation rase aux couleurs ternes et, partout à l'horizon, des étendues de sable que la chaleur ambiante fait trembloter. L'île de Dirk Hartog est actuellement concédée à bail, pour une durée de cent ans, à la famille Wardle, à titre de pâture. Un puissant véhicule à double traction aux allures de blindé léger nous attend. En temps ordinaire, le maître des lieux l'utilise pour conduire les rares clients de son guest-house vers des lieux réputés fantastiques pour la pêche au gros. Transborder l'impressionnant barda prend une bonne demi-heure, au terme de laquelle l'étrange autocar de marque Oka, seul véhicule de l'île, va nous conduire jusqu'à la ferme, à cinq minutes de la piste d'atterrissage. Deux grandes éoliennes émergent d'un bouquet de tamaris ; le guest-house et quelques communs délimitent une vaste cour poussiéreuse. A l'écart, des hangars en tôle ondulée abritent du matériel agricole et les postes de tonte, car la raison d'être de ce minuscule foyer humain, c'est l'élevage du mouton.

Puis le car s'ébranle à nouveau, cap au Nord, pour avaler les 70 kilomètres de piste, parfois à peine tracée, qui nous séparent de la baie des Tortues. C'est à cet emplacement que j'ai décidé de concentrer nos recherches, à 4 kilomètres du cap Inscription, le point le plus occidental et le plus chargé d'histoire d'Australie.


D'un découvreur à l'autre

Le 25 octobre 1616, Dirk Hartog, capitaine du vaisseau hollandais Eendracht, fut le premier Européen à apercevoir la côte occidentale de ce qui allait prendre le nom de Nouvelle-Hollande en 1644. L'événement eut lieu à la hauteur d'une véritable mer intérieure que l'explorateur-pirate William Dampier baptisera Shark Bay, quatre-vingt-trois ans plus tard. Cette découverte fut la conséquence du strict respect des instructions de la VOC, enjoignant à ses capitaines de suivre la route reconnue par Hendrik Brouwer en 1610. Après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance, il fallait gagner une latitude comprise entre 35 et 40 degrés Sud, puis cingler plein Est jusqu'à parvenir à l'estime dans le Sud du détroit de la Sonde, sur lequel il ne restait plus qu'à pointer en mettant le cap au Nord. Pour ga­gner ainsi l'Insulinde, on bénéficiait à longueur d'année de vents portants et l'on allait bien plus vite qu'en suivant la route directe.

Poussé par la curiosité, Dirk Hartog s'approcha de ce qu'il décrit comme "une succession d'îles avec, en arrière-plan des terres qui barrent tout l'horizon". Ayant fini par trouver un bon mouillage à la pointe Nord de la principale de ces îles, qui s'étire en longueur et protège l'immense baie de la houle, il dépêcha quelques hommes à terre, qui ne trouveront pas trace d'habitants, ni le moindre indice de richesses minérales. Pour marquer leur brè­ve visite, ils laisseront au faîte d'une falaise un plat d'étain martelé assujetti au sommet d'un piquet fiché dans une crevasse, après y avoir gravé la date de l'escale, le nom du capitaine, ainsi que ceux des principaux dignitaires présents sur l'Eendracht.

  

Quatre-vingt-un ans plus tard, un autre Néerlandais, Willem de Vlaming, est chargé par la voc d'effectuer une reconnaissance approfondie de cette côte occidentale de la Nouvelle-Hollande. A la tête de trois navires, dans des conditions souvent difficiles, de Vlaming explore la rivière des Cygnes — qui arrose au­jourd'hui la ville de Perth — et parcourt l'île des Rats (future Rottnest), avant de mouiller à son tour à Dirk Hartog, en janvier 1697. Lors de cette escale, il dresse la première carte — très approximative — de cette partie du continent australien, et retrouve le plat de son compatriote, auquel il substitue le sien propre.

Deux ans et demi plus tard, William Dampier aborde à son tour l'île de Dirk Hartog, mais sur sa côte orientale. Le hasard ne guidera pas ses pas jusqu'au promontoire où se dressait la plaque de Vlaming. Celle-ci ne sera retrouvée qu'en 1801 par l'équipage du navire français le Naturaliste, commandé par le baron Jacques Hamelin, qui navigue de conserve avec le Géographe de Nicolas Baudin. Hamelin invitera les découvreurs de la .plaque à la rapporter là où ils l'avaient trouvée, tant sa signification historique lui paraissait impor­tante. Louis de Freycinet, alors enseigne à bord du Naturaliste, ne partageait sans doute pas ce point de vue, car il récupérera l'objet lors d'un voyage ultérieur, en septembre 1818, alors qu'il commandait l'Uranie. Offerte à l'Australie par la France après la Seconde Guerre mondiale, cette précieuse relique est aujourd'hui visible au musée maritime de Fremantle.
Mais plus d'un quart de siècle avant l'expédition de Baudin et Hamelin, un autre équipage français avait fait relâche à Shark Bay. Il s'agissait de celui du Gros Ventre, un navire commandé par le lieutenant de vaisseau Louis Aleno de Saint­Aloüarn, compagnon de route du célèbre Kerguelen, qui commandait la Fortune.


Résolution et obstination

Partis de l'île de France (île Maurice) au début de l'année 1772 et faisant route au Sud dans l'espoir de découvrir la Terra australis incognita qui hantait les rêves des géographes de l'époque, la Fortune et le Gros Ventre arrivaient quelques jours plus tard en vue d'une succession de terres très élevées et couvertes de glace. Prompt à confondre désir et réalité, Kerguelen prenait ce territoire pour l'avancée du continent mythique, qu'il baptisait la France-Australe... alors qu'il s'agissait de l'archipel qui porte aujourd'hui son nom, de la taille approximative de la Corse. Assoiffé de gloire, notre nouveau Chris­tophe Colomb prenait prétexte de conditions atmosphériques exécrables et de la perte de contact visuel avec le Gros Ventre pour rebrousser chemin et s'en aller claironner, dans un premier temps à Port-Louis de l'île de France, puis à Versailles, la nouvelle de sa "merveilleuse" découverte "qui paraît former la masse centrale du continent antarctique".

De son côté, Saint-Aloüarn réussissait à débarquer quelques hommes — conduits par l'enseigne du Boisguehenneuc — sur le nouvel archipel, pour en prendre possession. Puis il poursuivait sa route vers l'Est, les deux capitaines étant convenus, en cas de séparation, de se retrouver sûr le 40e parallèle, et si besoin était jusqu'au cap Leeuwin (dont la position exacte était connue depuis 1622). Mais Kerguelen — et pour cause — n'était pas au rendez-vous. Avec un équipage décimé par le scorbut et amoindri par des semaines de navigation difficile, Saint-Aloüarn, lui-même dans un état d'extrême faiblesse, décidait alors de gagner Timor en lon­geant la côte Ouest du continent, pour le cas où la Fortune l'y attendrait.

 

C'est ainsi que, le 30 mars 1772, le Gros Ventre pénétrait dans le mouillage historique de Dirk Hartog. Une escouade, conduite par l'enseigne Mengaud de la Hage, se rendait alors à terre, comme l'atteste le livre de bord du navire : "Monsieur de Mingo (sic), de retour à la côte, a pris possession de la terre au Nord-Ouest un quart Nord du vaisseau en arborant pavillon. La prise de possession étant faite dans les formes usitées en pareil cas — mise dans une bouteille — fut enterrée au pied d'un petit arbrisseau auprès de laquelle (sic) on a mis deux écus de six francs." Sans doute victime d'une erreur de transcription de l'écrivain du bord, la direction mentionnée indique celle du large !

D'aucuns ont fait valoir, bien à tort, que cette prise de possession était sans valeur ni signification aucune, dans la mesure où James Cook avait planté l'Union Jack à l'autre extrémité du continent deux ans plus tôt, et dans celle où Saint­Aloüarn n'était pas le premier Européen à relâcher à Shark Bay, ni même à fouler le sol de l'île de Dirk Hartog. Mais Cook n'avait pas organisé la rituelle cérémonie, s'étant contenté de hisser le pavillon et de graver la date de son passage sur un tronc d'arbre. Or les conventions internationales de l'époque stipulaient que toute terre nouvellement découverte devait faire l'objet d'une cérémonie d'annexion sanctionnée par un procès-verbal laissé in situ dans une ou plusieurs bouteilles, l'annexion ne devenant effective que si elle était suivie de la colonisation du pays.

En l'occurrence, en 1772, la colonie pénale de la Nouvelle-Galles-du-Sud n'avait pas encore été fondée puisque la "première flotte" du commodore Phillip ne devait mouiller l'ancre que le 18 janvier 1788 à Botany Bay, où elle débarquait sept cent soixante-seize convicts encadrés par deux cent douze militaires avec femmes et enfants. Sans compter que — le doute étant encore d'actualité à la veille des expéditions de Nicolas Bau­din et de Matthew Flinders —, nombreux étaient encore les géographes pensant que la Nouvelle-Hollande pouvait être constituée de deux masses continentales séparées par un détroit s'étendant depuis l'extrémité méridionale du golfe de Carpentarie jusqu'à la profonde échancrure que constitue le golfe de Spencer.

Quant aux prédécesseurs de Saint­Aloüarn, pas plus Dirk Hartog, que de Vlaming ou ceux de leurs compatriotes qui avaient touché le continent dans l'intervalle, ni même encore l'Anglais Dam­pier, n'avaient été investis de la moindre mission politique. Tous devaient d'ailleurs s'accorder à conclure que la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande bordait une véritable terre de désolation qui n'offrait aucune perspective en matière de colonisation ni ne recelait, selon toute apparence, la moindre richesse.

La mission de l'expédition de Saint­Aloüarn consistait à rechercher et, en cas de succès, à annexer la Terra australis incognita, mais non pas la Nouvelle-Hollande dont les contours étaient déjà connus grâce aux navigateurs hollandais. Ceux-ci y avaient multiplié les reconnaissances depuis 1605, année où eut lieu la première exploration du golfe de Carpentarie par le petit jacht Duyfken. L'initiative de Saint­Aloüarn était donc parfaitement licite et il est incontestable que si elle avait été suivie de l'envoi d'un contingent de colons, la France aurait pu, en droit tout au moins, considérer que l'actuelle 'Western Australia" lui appartenait...


Un grand marin méconnu

Servir dans la Marine royale est assurément une vocation familiale pour Louis­-François-Marie Aleno de Saint-Aloüarn.

Son père, François-Marie, et son oncle, le lieutenant de vaisseau Rosmadec de Saint-Aloüarn, lui ont tracé la voie. Natif de Guengat (près de Quimper), garde de la Marine à seize ans, le jeune Louis va connaître le baptême du feu le 11 novembre 1755. En route vers le Canada, le vaisseau de 22 canons Espérance sur lequel il est embarqué, commandé par le lieutenant de vaisseau Jubert de Bouville, est pris à partie dans le golfe de Gascogne par le HMS Oxford, qui appartient à la flotte de l'amiral West. À l'issue d'un combat acharné et longtemps indécis, l'Anglais l'emporte. Gravement blessé à la tête, Saint-Aloüarn est emmené en Angleterre, où il est retenu deux longues an­nées, avant qu'un échange de prisonniers ne le rende à la liberté. Reprenant aussitôt du service, notre jeune homme, qui a entre-temps été promu enseigne de vaisseau, connaît bientôt une nouvelle épreuve avec la disparition de son capitaine de vaisseau de père et de son oncle, lors de la désastreuse Journée des Cardinaux (au large de l'estuaire de la Loire).

Début 1761, Saint-Aloüam épouse Marie­-Jeanne-Corentine Droualen, une "agréable bossue de Pont-l'Abbé". Trois fils et une fille naîtront de leur union. Promu lieutenant de vaisseau en 1764, il s'acquitte avec succès de différentes missions dans la mer des Antilles, jusqu'à ce qu'en 1769 son destin croise une première fois celui d'Yves de Kerguelen-Trémarec à qui il est adjoint sur l'Aberwrach. Il servira un an à bord de cette goélette chargée d'hydrographier les côtes de France. Il partage ses périodes de récupération entre l'hôtel particulier familial de la rue Saint-Mathieu, à Quimper, et le château de La Villeneuve, situé dans la paroisse de Plomeur et hérité d'une tante. Mais le sort s'acharne : sa femme meurt en 1769 et il se retrouve seul en charge de leurs quatre enfants dont l'aîné n'a pas dix ans.

En 1771, le duc de Boynes, ministre de la Marine, désigne Saint-Aloüarn pour transporter des plants d'épices de l'île de France à Cayenne. Le Pr mai, en compagnie de deux cent trente-deux hommes, il embarque à Lorient sur le Berryer, un gros navire de charge en partance pour l'île de France, commandé par Kerguelen. Ce dernier vient d'obtenir l'assentiment du roi pour partir à la découverte du mystérieux "sixième continent", dont le monde scientifique de l'époque considère l'existence comme probable... pour des raisons d'équilibre de la planète !

Au terme d'un voyage éprouvant, Kerguelen parvient à Port-Louis et présente ses lettres patentes au chevalier des Roches, gouverneur de la colonie, qu'assiste l'intendant général Pierre Poivre. Dès lors, les choses sont rondement menées. L'expédition en Guyane des plants de muscadiers et de girofliers est provisoirement différée, la conquête d'un nouveau monde revêtant assurément une tout autre importance. Mauvais marcheur, le Berryer est abandonné au profit de la Fortune et du Gros Ventre, une gabare et une flûte en disponibilité à Port-Louis, la première étant commandée par Kerguelen et la seconde par Saint-Aloüarn. Toutefois, la saison n'étant guère propice à un départ immédiat vers les basses latitudes, Kerguelen entreprend d'abord de s'acquitter du second volet de sa mission : reconnaître la "nouvelle route des Indes" dont le chevalier Grenier de Giron vient de préconiser l'emprunt, sous l'excellent prétexte qu'elle raccourcirait de 800 lieues la distance de l'île de France à la côte de Coromandel et au golfe du Bengale.

Saint-Aloüarn devra cependant renoncer à ce voyage ; durement éprouvé par la traversée sur le Berger, celui-ci doit rester à l'île de France et laisser le commandement du Gros Ventre à son cousin Charles du Boisguehenneuc. Cette expédition préliminaire s'étale sur trois mois et se déroule dans les meilleures conditions. Enfin, le 16 janvier 1772, avec un Saint-Aloüam tant bien que mal remis sur pied, les deux navires entreprennent leur grand saut dans l'inconnu, cap au plein Sud. On connaît la suite...

 

Un mérite enfin reconnu
Miné par une suite d'épreuves physiques et de maux sur lesquels on manque de précisions, Saint-Aloüarn, qui venait à peine de fêter ses trente-cinq ans, rendit l'âme à l'île de France, quelques jours après le retour du Gros Ventre. Ensuite, l'échec du second voyage de Kerguelen (1773) et sa disgrâce allaient jeter le discrédit sur toutes les entreprises de découverte, considérées comme ruineuses pour les finances du pays. Un roi au prestige déclinant, de cruels revers au Canada, un nouveau gouverneur de l'île de France, le chevalier de Ternay, prônant l'abandon des rêves expansionnistes au profit d'une mise en valeur des acquis territoriaux de l'océan Indien, il n'en faudra pas davantage pour que les belles cérémonies d'annexion de la Nouvelle-France et de l'Australie occidentale sombrent dans l'oubli.

 

Fort heureusement, les Kerguelen échappèrent à cette négligence. Mais quand la France prit conscience des droits que lui avait conférés l'heureuse initiative de ce jeune commandant plein de fougue et de talent qu'était Saint-Aloüarn, il était bien trop tard, les Anglais étaient passés à l'action. La pendule de l'Histoire ne revient jamais en arrière. Sans doute était-il écrit que le cinquième continent n'appartiendrait jamais qu'à une seule nation : l'Australie. Mais dans ce beau pays auquel chacun s'accorde à prédire un brillant futur, le prestige de la France et de ses grands marins, trop longtemps ravalés au rôle de simples figurants, a singulièrement grandi depuis un beau jour du mois de janvier de l'an de grâce 1998.

 


Philippe Godard et Tugdual de Kerros (descendant direct de Saint-Aloüarn et dépositaire des archives familiales) feront paraître prochainement aux éditions Abrolhos un ouvrage illustré intitulé : SaintAloüam (1738-1772), lieutenant des vaisseaux du roy, un marin breton à la conquête des mers australes. Renseignements : M. de Kerros, Château de Malakoff, 29120 Sainte-Marine.


Chasse-marée N°141  Mars 2001

 

 

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