BELGISCHE MARITIEME LIGA  vzw.
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Koninklijke Vereniging - Société Royale

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Origine des pavillons de mer


Il est assez difficile de connaître quand apparurent pour la première fois sur les navires, les flammes et les pavillons. Ce que l'on sait avec certitude, c'est que les Phéniciens déjà, puis les Romains, arboraient en tête de mât de leurs navires marchands des flammes ou des guidons, mais on s'interroge encore sur leur signification.

Dans notre pays, sur les plus anciens sceaux où sont représentés des navires, on peut voir flotter parfois en tête des mâts, une sorte de bannière. Les sceaux du Xllle siècle de Douvres et de Wincelsea représentent une nef battant un pavillon en tête de mât ainsi que des bannières à l'étrave. Celui de Damme de 1309 porte un navire sur lequel un homme debout tient une bannière armoriée. Le sceau de cette même ville en 1376 représente un navire à l'avant et à l'arrière duquel un homme porte un étendard à la même armoirie. Sluys porte sur un sceau de 1293 une nef ornée de pavillons carrés au haut des mâts.

Wenduyne possède en 1425 un sceau représentant un navire en mer arborant un guidon aux armes de la gilde des pêcheurs : un marsouin transpercé de deux harpons croisés.

Le sceau de Nieuport en 1472 nous montre une nef ornée à l'avant et à l'arrière d'étendards au lion de Flandres.

Sur d'autre sceaux de la même époque pourtant, des navires n'arborent ni pavillon ni flammes d'aucune sorte.

D'après Mellis Stokes (2), les navires portaient au XIVe siècle des étendards en tout cas au combat. Ce qui correspond aux données de la vexillologie qui indiquent que des bannières ou étendards étaient montrés sur les navires et, plutôt que hissés dans la mâture, fixés à un bâton fiché dans le pavois à l'avant et à l'arrière. C'est en fait la manière dont aujourd'hui nos navires arborent leurs pavillons lorsqu'ils sont au port, et si en français on dit „ mât de pavillons ", en flamand on a gardé le mot de bâton puisqu'on dit „ vlaggestok ".

Il semble toutefois qu'au XlVe siècle l'usage du port du pavillon n'ait été ni généralisé ni réglementé.

Cinquante ans plus tard, les navires arboreront tous des pavillons et des flammes, et si au début leur emploi est à caractère plutôt décoratif, ces pavillons ne tarderont plus longtemps à être utilisés comme signe distinctif.
Cette évolution est d'autant plus compréhensible qu'à l'époque les combats sur mer étaient en quelque sorte la transposition des combats terrestres et que dès lors, les soldats embarqués s'affrontaient rangés sous la bannière de leur chef.

C'est encore Stokes qui dans son récit du combat naval de Gouwe en 1304 entre Flamands et Hollandais en fournit la preuve en mentionnant le pavillon au lion de Flandres face au lion rouge de Hollande comme le symbole des deux flottes en présence.

Men warp af also boude
Den Swarten Libaert onder de voet, Ende Stac op metter spoet
Den Roden Lewe in syne stat


A ce combat, les deux flottes arboraient donc le pavillon de leurs princes le lion noir du Comte de Flandres, le lion rouge du Comte de Hollande. Mais déjà bien auparavant guidons et flammes étaient employés à la mer pour transmettre signaux et ordres entre navires. Une ordonnance (± 1460­1470) de Henri van BORSEL Seigneur de Vere et Amiral de Flandres prescrit des signaux par pavillons à utiliser à la mer pour transmettre les ordres (3), tout comme d'autres ordonnances de la même époque décrivent les signaux à utiliser au cours de croisières déterminées. Habituellement, il y est fait mention des pavillons portés par l'Amiral et le Vice-Amiral de la flotte et du mât où ils sont hissés afin de les distinguer des autres vaisseaux de la flotte.

L'usage des pavillons à la mer est donc en vigueur dès le milieu du XVe siècle et est réglé par décrets et ordonnances - on en arrive même à en exagérer l'emploi car on décore abusivement le navire de la pomme des mâts, aux pointes des vergues ; on orne de même les pavois en signe de puissance et et de gloire, de tapisseries, d'écus armoriés et de toiles peintes.

En 1470, Guilbert de Ruple, trésorier du duc de Bourgogne, mentionne à plusieurs reprises dans ses comptes, d'achat de toiles pour la fabrication des pavillons de la flotte de Zeelande, ainsi que la fabrication „ d'étendards, guidons et bannières " qui devaient y être arborés. (4 )

Il ne faudra plus attendre longtemps pour que les instructions en la matière soient rendues officielles et obligatoires.

Une ordonnance de Charles le Téméraire, de 1475, prescrit expressement à l'escadre des navires marchands armés, en partance pour la Baltique, d'arborer les armoiries et l'étendard du Duc sur tous les vaisseaux de cette flotte. Mais cette ordonnance ne s'adresse qu'à cette expédition, ce qui était d'usage courant à cette époque pour toutes les instructions maritimes qui faute de règlement permanent étaient reprises aux ordres de l'Amiral à chaque croisière.

En Angleterre, on voit apparaître les premiers pavillons de poupe sous les Tudor (1485). II porte sous Henri VIII croix de St.-André au canton et est fait de bandes horizontales vertes et blanches, la flamme est blanche à croix de St.-André rouge.

Le premier règlement général sur la navigation fut édicté le 4 janvier 1488 par Maximilien d'Autriche, il codifie une fois pour toute l'usage des pavillons sur les vaisseaux de nos provinces.
Par ce règlement, les navires étaient tenus d'arborer le pavillon de l'Amiral commandant de la flotte, en plus du pavillon du Duc et étaient en outre autorisés à battre leurs pavillons personnels. (5) Quelques années plus tard, Philippe de Clèves dans ses instructions pour la guerre sur mer, écrites au début du XIVe siècle, mentionne expressément et avec insistance, l'emploi des couleurs et des armes Ducales sur les navires. (6)

Il y décrit en détail en outre le „ Grand pavoi " du navire Amiral qui se compose de pavillons étendards, flammes, guidons, armoiries et toiles décorées de peintures, ce qui confirme le relevé des comptes de Guilbert de Ruple évoqué plus haut.

Philippe de Clèves ajoute même qu'il ne convient pas de lésiner sur la décoration réalisée à l'aide de pavillons, estimant que l'impression de puissance du navire en est fortement augmenté.

Les pavillons devaient dès lors être arborés selon une règle détaillée et impérative.

Voici à titre d'exemple la composition du grand pavois du navire Amiral.

Sur le gaillard d'avant, à l'étrave, une flamme aux couleurs d'emblèmes du Prince, et aux bossoirs de chaque bord, un pavillon aux armes du Prince ; ici donc le pavillon blanc aux bâtons croisés de Bourgogne.

Sur le château arrière, au-dessus du gouvernail, flotte un grand pavillon carré ; il est aux armes du Prince comme le sont les six pavillonnets plus petits, qui de chaque bord, décorent le gaillard d'arrière.

De la hune du grand mât est hissée une large flamme à queue d'hirondelle si longue, qu'elle peut toucher l'eau ; elle aussi est aux armes du Prince. Au sommet du grand mât flotte en signe de commandement, un grand pavillon carré aux armes du Duc, aucun autre navire que le navire Amiral ne peut arborer ce pavillon à cette place.

A la hune du mât de misaine flotte la même flamme qu'à la hune du grand mât, mais elle est de dimension plus modeste. Divers autres pavillons et flammes peuvent encore être arborés en d'autres endroits du navire.

Les autres bâtiments de la flotte seront pavoisés de même, compte tenu de leur dimension et de leur type et avec exception bien entendu, du pavillon réservé au navire amiral.

Nous voici avertis de l'aspect formidable et imposant qui était résolument donné aux navires de la flotte par édit et règlement en matière de guerre sur mer, car il ne s'agit nullement ici du grand pavoi de jours de fête ainsi qu'on le fait de nos jours, mais bien de la parure de guerre des vaisseaux allant au combat.

L'ordonnance de Charles Quint de 1540 est également claire, elle confirme l'obligation de battre les couleurs de l'Amiral en plus de celles du Duc et non pas uniquement celles-là.
Philippe Il en son décret de 2 août 1590 (7) re­prend les prescription précédentes au complet ; on peut en tirer la conclusion que les couleurs de nos navires restèrent bien celles de leur princes et ne furent jamais celles de l'Amiral, conséquence de la centralisation allant de pair avec la bureaucratisation de cette fonction, les armoiries et bannières personnelles des Amiraux allèrent vers disparition complète.

Les pavillons régionaux pourtant, eurent la vie plus dure et continuèrent à flotter conjointement avec celles du Prince.

L'usage des pavillons de mer s'est maintenant à ce point généralisé qu'il n'en sera plus parlé pendant le XVIIe siècle.

Le document très connu de 1624 au sujet de l'Amirauté de Winnoksbergen n'en fait plus mention.

Le pavillon va maintenant couvrir la cargaison et force de loi en est donnée à la fin du XVIIe siècle. Le Règlement et l'Ordonnance du Roi sur pièce d'Amirauté du 21 août 1702 détermine en son article VII que : seront considérés comme pirates, ceux qui naviguent sous pavillon étranger ou sous pavillon non autorisé par le prince.

Tout navire qui combattra sous un pavillon autre que celui de l'État qui lui a donné sa commission sera déclaré de bonne prise.
Et si le navire est armé de guerre, le commandant et les officiers seront traités comme pirates. (8) Des ordonnances ultérieures traiteront des abus de pavillons et de passeport. Le pavillon de mer a donc reçu sa pleine, entière et actuelle signification.

Les autres Etats occidentaux règlementent également au XVIle siècle l'usage de leur pavillon.

Un cérémonial très strict régit les saluts à la mer et dans les ports ; les préséances sont établies d'après le rang des nations, la dimension et le type des navires, l'ancienneté du commandant et entre navires de commerce et de guerre.

La signalisation par pavillons et feux reçoit également sa consécration.

Souvent des contestations éclatent quant à l'inobservance de ces règles et donnent lieu à de nombreux incidents qui dégénèrent quelquefois en combat, ou sont le point de départ de conflits et de guerres.

Amener son pavillon est le signe qu'on se rend ou qu'on ne désire pas combattre. Ne pas l'amener lorsqu'on est poursuivi signifie qu'on préfère combattre que de se laisser visiter. Le corsaire appuie sa prétention à visiter un navire qu'il prend en chasse, d'un coup de semonce, de façon à l'amener à se rendre sans combat.


Description des pavillons de mer

Sous les Comtes de Flandres - nous l'avons vu lorsque nous avons parlé plus haut des sceaux des anciennes cités et des textes de Melis Stokes - les navires battaient le pavillon jaune or des Comtes de Flandres et les pavillons régionaux des villes ou de Gildes.

Le passage à la maison de Bourgogne amènera de profonds changements. En 1470, Guilbert de Ruple décrit le pavillon de la flotte de Zeelande comme étant d'étamine de laine bleue barré d'une croix de St.-André blanche. Ces pavillons flottaient „ aux douze hunes des douze navires que Msr. a pris en son service en Zeelande " et aux „ poupes des deux galiaches de Bourgogne que Msr. a pris en son service pour en servir sa dite armée ". Les autres navires étaient équipés d'étendards, guidons et bannières aux mêmes couleurs, mais bordés de franges violettes.

Pourtant, c'est le pavillon blanc aux bâtons rouges de Bourgogne qui bientôt battra à la corne des navires de notre pays et ce dès le début du XVIe siècle aux côtés du pavillon de l'Empereur et de l'aigle bicéphale noir.

Le pavillon de Bourgogne est déjà celui de toutes les provinces belges. On suppose qu'il doit ses origines aux armoiries d'Antoine de Bourgogne, mais on constate d'autre part qu'il représente aussi les plus anciennes couleurs de Belgique, le rouge et le blanc du Brabant. (9)
Ce pavillon de Bourgogne sera pavillon de guerre sur mer, il sera porté par les navires de notre armada comme par nos corsaires d'Ostende et de Nieuport et se maintiendra sous une forme ou une autre jusqu'en 1887.
Les journaux de bord du 17e siècle signalent que nos navires „ battent Bourgogne " lorsqu'ils montrent le pavillon.

Un navire flamand est connu sous le nom de Bourguignon, du nom de son pavillon qu'on appelle simplement „ bourgogne ".

En 1573, se présentent sous Middelburg les vaisseaux du Roi d'Espagne, ils battent un pavillon aux bâtons de Bourgogne. (10)

Jean Penninck, greffier de l'Amirauté de Flandres à Duinkerke reconnaît les vaisseaux flamands au pavillon de Bourgogne qu'ils battent lorsqu'ils sont en vue de Duinkerke. Il signale dans sa lettre au secrétaire du Conseil Supérieur de l'Amirauté de Bruxelles le 6 février 1646 : „ En escrivant ceste viennent neuf navires entre lesquels aulcuns monstrent leurs bannières de Bourgoigne de quoy lion juge que ce soun aulcunes des dernières frégates avec des prises." (11)

Avec le bourgogne viendra s'ajouter avec l'acces­sion au Trône de Charles-Quint, le pavillon connu auparavant sous le nom de „ Pavillon Royal ".

Il se compose de trois bandes horizontales rouges, blanches et jaunes et naquit de l'adjonction des couleurs d'Espagne, jaune et rouge aux rouges et blanches de nos provinces. La flamme est également à ces couleurs. Dans nos contrées, le blanc de ce pavillon est frappé en son milieu et parfois plus près de la hampe de la croix de Bourgogne. Ceci n'empêche pas les navires du Brabant, donc ceux d'Anvers et de Malines d'arborer leur pavillon à l'échéquier rouge et blanc, ni ceux d'Ostende de battre le pavillon rouge et jaune de leur ville. Ces divers pavillons sont représentés sur ces merveilleuses planches enluminées du XVllle siècle qui nous sont parvenues jusqu'à nous, tel le :

  1. tableau des Pavillons que les Vaisseaux de toutes des Nations arborent sur les Mers, par Matthieu Seutter Anno 1712.
  2. tableau des Pavillons au service des vaisseaux du Roy 1756.
  3. nieuwe tafel van al Zeevarende vlagge des Werellts tot Amsterdam bij Cornelis Danekaerts op de nieuwendijck in den Atlas met privilegie.
  4. spaanse vlagge, (XVlilde eeuw).

Parfois le pavillon royal que l'on vient de citer est renseigné sur ces planches comme étant le pavillon flamand, il est en ce cas toujours frappé de la croix de Bourgogne.

Le pavillon jaune de Flandres au lion noir entouré d'un écu fleurdelysé surmonté d'une couronne est employé comme pavillon de beaupré.

Le même pavillon portant de part et d'autre de l'écu central un A et un F et traversé sous l'écu de deux ancres croisées est le pavillon de l'Amirauté de Flandres qui siège à Ostende depuis 1658. Auprès du pavillon blanc de Bourgogne, il en existe un bleu probablement signe distinctif de la flotte bleue (blue fleet or rear fleet) lorsque les flottes se séparaient en deux éléments.

Ces pavillons restèrent en usage durant tout le XVIle siècle.

Witsen dans son ouvrage sur la construction navale et l'art de naviguer mentionne que „ Bourgogne bat en croix des bâtons rouges sur champ blanc ".

Un décompte du maître-voilier de la frégate corsaire „ Carolus Secundus " d'Ostende énonce les livraisons faites à bord en 1677 : „ Un pavillon de Bourgogne de 154 aunes de toile blanche et 56 1/2 aunes de rouge, le blanc pour le fond, le rouge pour les bétons et la croix. Un beaupré de bourgogne de 24 aunes de blanc pour le champ et de 17 aunes pour la croix et les bâtons, un pavillon royal de 26 aunes de long pour lesquels 11 aunes de blanc, 11 aunes de jaune et 11 de rouge plus 13 aunes de rouge pour la croix de bourgogne. (12) A l'inventaire de la frégate „ De Stad Oostend " Commandant Philippe van Maestricht, en date du 10 octobre 1675, le capitaine porte „ deux pavillons de Bourgogne (soo goet als quaet) 1 flamme de Bourgogne et 1 beaupré bourgogne." (13)

Sur le „ Het Jonghe Lam " corsaire commandé par le Capitaine Jaspar Vendevogel (1674) on trouve pavillon de Bourgogne et flamme. (14)

La période autrichienne est caractérisée par la perte d'une partie de la Flandre Maritime par la fermeture de l'Escaut (1715), le déclin d'Anvers et une tentative de reprendre au départ d'Ostende les activités maritimes.

Le pavillon blanc est à ce point connu sur mer, que l'on hésitera à le hisser à la corne des mâts des navires de la nouvelle compagnie Impériale et Royale des Indes Orientales dite Compagnie d'Ostende (1721) tant la peur des représailles anglaises et hollandaises est grande. Et c'est sous pavillon de l'Empereur d'Autriche, le pavillon jaune à l'aigle bicéphale noir chargé en cœur des armoiries d'Autriche, (de gueule à la fasce d'argent) que nos navires reprendront la route de l'Orient. Le pavillon de beaupré de la Compagnie sera un pavillon rouge au lion blanc.

Au grand mât, ils arborent le pavillon ou la flamme aux armes de la compagnie.

Les autres navires marchands battent encore le pavillon de Bourgogne.

Différentes cartes et plans conservés aux archives d'Anvers reproduisent ce pavillon.

Mais Joseph Il dans son désir de centralisation, imposera bientôt des pavillons à tous les navires des Pays - Bas Autrichiens.

Une planche datant de 1782 nous les reproduit. On y retrouve à nouveau l'ancien pavillon royal rouge, blanc, jaune avec ou sans croix de bourgogne qui devient le pavillon de poupe de tous les navires, on y admet encore le pavillon particulier d'Ostende, on y découvre le nouveau pavillon impérial jaune à l'aigle bicéphale sans armoirie en cœur et sans doute pour des dimanches et les visites princières, un grand pavillon impérial aux armoiries parti d'Autriche et de Bourgogne. Ensuite le grand pavillon des Pays-Bas Autrichien qui est rouge, blanc, jaune frappé de l'aigle bicéphale noir en cœur l'écu armoirié aux couleurs d'Autriche, de Bourgogne et de Lotharingie - la croix de bourgogne - et le collier de l'ordre de la Toison d'Or entoure cet écu. La tradition, on le voit, ne perd rien de ses droits : Bourgogne et nos couleurs sont partout présents. Pourtant en 1787, Joseph II annule l'usage de ces pavillons et impose un pavillon commun à tous les navires de l'empire ; il est à bandes horizontales rouge, blanche, rouge ; le blanc plus large que le rouge porte en son milieu l'armoirie de l'Autriche. Ce ne sera pas pour longtemps, les révolutionnaires français occuperont notre pays, l'annexeront et nos navires battront pavillons français jusqu'en 1815 où, le croira-t-on, on vit reparaître, mais oui, le pavillon blanc à croix de bourgogne !

En 1830 enfin, le pavillon noir, jaune, rouge porté durant quelques mois horizontalement (15), sera la marque de notre jeune nation sur terre comme sur mer ; il battra sur nos navires marchands et nos navires de guerre de la Marine Royale.

Ceux de 14-18 et ceux de la deuxième guerre mondiale battant à la même hauteur que le pavillon britannique tant qu'ils firent partie à titre égal de la Royal Navy, sur les navires de la Force Navale Belge, la laize jaune se chargea jusqu'en 1950 d'un lion belge couronné.

Le 23 février 1950, par arrêté, le Régent prévoit que dorénavant les navires de guerre de la Belgique (16) battront en poupe, pavillon blanc barré en croix de St.-André des couleurs nationales, et au mât de beaupré un pavillon noir, jaune et rouge. Au sommet du mât continue à battre depuis 1830, la flamme de guerre à queue d'hirondelle aux couleurs nationales.

Le 2 mars 1950 le pavillon blanc fut hissé pour la première fois sur le dragueur-escorteur. „Georges Lecointe".

Par arrêté du Prince Charles, Régent de Belgique, le 23 février 1950, le pavillon national de la Marine Militaire Belge est : „ d'argent, avec une croix de Saint-André au sautoir en chef et en pointe de gueules, à dextre et à senestre de sable, rempli d'or, accompagné en chef de deux bouches à feu passées en sautoir et surmontées de la couronne royale et en pointe d'une ancre la gumène accolée, le tout de sable."

Ce pavillon est arboré par les navires de guerre belges et les établissements de la Force Navale. Il mesure trois fois l'unité en ballant et deux fois en guidant.

 


Notes :

  1. Neptunus, jg. 3, nr. 12, december 1956, p. 34.
  2. Mellis Stokes : livre IX v. 1005 - 1009.
  3. Pièce originale citée par J.C. De Jonge. Het Nederlandse Zeewezen I Haarlem 1858 p. 736­738.
  4. Archives Générales du Royaume, Chambre des comptes n° 1925//833, 850, 852 V°.
  5. Précis analytique des documents que renferme le dépot des Archives de la Flandre Occiden­tale à Bruges F. PIEM. Deuxième série Tome IV Brugge 1845 p. 165.
  6. Een Bourgondisch Ridder over de Oorlog ter Zee. Dr. J. K. OUDENDIJK Amsterdam 1941.
  7. Ordonnance du Roy notre Sire sur le faict de l'Admiralité en pais de par deçor. Bruxelles 1590. Art. 22 Arch. Gén. du Royaume. Amirauté n° 3 p. 73.89 „ tous navires de notre obéissance qui traictent et fréquentent, traicteront et fréquenteront en mer, or qui quilz soient et quelconques banières qu'ils ayent, seront tenuz porter avec icelles, les bannières fenous et estandards armoyez de nos armes et joinctement ceulx de Msr ssdt Admirai. Sur paine d'encourir et fourfaire pour la première fois l'amen­de de 25 florins carolus, le double la seconde fois et de ban aultre punition arbitraire au pro­fit de Msr ssdt Admirai pour la 3e fois.
  8. Eugenius Heurieus Friex, Brussel 1702.
  9. J. Cuvelier ,, Le Drapeau de la Belgique " Academie Royale de Belgique Bulletin de la classe de lettres et des Sciences morales et Politiques 5e Série Tome XIII 1927.
  10. N. Witsen Aeloude en Hedendaegsche Scheeps bouw en Bestier Amsterdam 1671 Appendix n° 38.
  11. Arch. Gén. du Royaume Amirauté n° 202 farde pièce DD°6 février 1646.
  12. Arch. Gén. Royaume Amirauté 832 pièce 14 ddo 20 juin 1677 n. 3.
  13. Ibid. n° 590 farde 1675 pièce dd° 10 oct. 1675.
  14. Ibid. n° 590 farde 1674 pièce dd° 7 jul. 1674.
  15. Le projet de ce pavillon est du au Premier Maître chef KINET.
  16. du 26 août 1830 au 23 janvier 1831. A propos du noir-jaune-rouge, s'il faut en croire les anciens héraldistes, le choix de ces couleurs fut particulièrement heureux. Le rouge signifie en effet la charité et dénote la vaillance ; le jaune a le sens de foi, force et richesse et dénote la puissance et l'autorité ; le noir enfin signifie la prudence et l'humilité et dénote la simplicité et le mépris du monde. Notons que le drapeau de la Belgique a 137 ans d'existence mais qu'en fait ses couleurs ont 178 ans. A ceux qui estiment que cela ne compte guère, nous rappellerons que le drapeau français ne date que de l'an II de la République et que - comme le nôtre - il a subi une assez longue éclipse, que le drapeau Italien est aussi plus récent que celui de la Belgique : ses couleurs apparaissant pour la première fois à Bologne le 13 novembre 1794.

Plaat waarop in kleuren zijn afgebeeld, de verschillende door de Keizer erkende vlaggen, in gebruik op de schepen van zijn Nederlandse onderdanen, welke door één vlag werden vervangen krachtens de verordening van 26 maart 1787.

Zes vlaggen zijn er afgebeeld : 1-2, de gewone vlag van de Nederlanden ; 3, de bijzondere vlag van Oostende ; 4-5, de keizerlijke vlag, gebruikt op de schepen van de Oostenrijkse Nederlanden ; 4, met de keizerlijke arend ; 5, met de keizerlijke arend, op de borst een schildje, gedeeld in Oostenrijk en Bourgondië ; 6, de grote vlag van de Nederlanden gedeeld in drieën, in een Oostenrijkse arend, in twee Lorreinen, in drie Bourgondië met dubbele zwarte arend, dragend het kruis van Bourgondië en het Gulden Vlies. Algemeen Rijksarchief, Privé - Raad, Oostenrijks tijdvak, nr. 683 B.


DE SCHEEPSVLAG EN HAAR GESCHIEDENIS
Slechts in het midden van de XVe eeuw geraken vlaggen en wimpels aan boord van de schepen, algemeen in voege in onze westerse wereld. Men maakt er zelfs veelvuldig gebruik van, meestal om tijdens een gevecht de vijand te beïnvloeden. Weldra verschijnen er voorschriften die het gebruik reglementeren, zoals bijvoorbeeld de ordonnantie van Karel de Stoute (1475).

Een algemene regeling ter zake is zeker het bevelschrift van Maximiliaan van Oostenrijk (1488). Alle schepen van de onderdanen der Lage Landen wor­den voortaan verplicht de „ banieren en de standaerden " te voeren van de admiraal die over de maritieme aangelegenheden het oppergezag bekomt.

Vanaf de XVllle eeuw krijgt de scheepsvlag haar huidige betekenis, zij dekt de lading en op het misbruik worden sancties voorzien.

Als in de middeleeuwen onze schepen naast de vlag van de vorst ook de plaatselijke kleuren voerden, dan zien we onze schepen vanaf de helft van de XVIe eeuw de Bourgondische vlag - wit met het rode Bourgondische kruis - in de mast wapperen. Naast de bourgonjevlag wordt bij de troonbestijging van Karel V, de als „ koningsvlag " bekende vlag in gebruik genomen. Ze bestaat uit drie horizontale banden, rood - wit - geel, en ontstond uit de toevoeging van het Spaanse rood - geel aan de oude rood - witte Brabantse vlag.

Ook de zwarte leeuw op het gele veld wordt aangegeven als „Vlaamse gele geus". De zwarte leeuw staat in een zwarte schildomlijsting versierd met kroon en lelies van de zelfde kleur. Verder vinden we nog de rood - gele vlag van Oostende en de rood - wit geruite Brabantse (Antwerpen-Mechelen) vlag.

De centralisatiedrang van Jozef ll vinden we eveneens terug in de voorschriften betreffende de pa­viljoenen. We vinden nog terug de oude „ koningsvlag ", rood - wit - geel met of zonder bourgonje­kruis in het wit veld bij de stok of met de Oostenrijkse arend.

De vlag van de Oostendse Compagnie voert de zwarte arend op een geel veld, de geus blijft een witte leeuw op een rood veld.

Vanaf 1787 vaardigt Jozef Il één vlag uit voor al zijn staten, ze is horizontaal - rood - wit - rood, met het wit dubbel zo breed als iedere rode band, met midden in het witte veld, het oostenrijks keizerlijk wapen.

Na 1815 vinden we opnieuw de bourgonjevlag terug, terwijl in 1830 de drie brabantse kleuren, zwart - geel - rood gebruikt worden, eerst horizontaal en vanaf 1831 vertikaal.

In de twee wereldoorlogen voeren wij deze vlag, in de laatste, naast „ the white enseign " van de Royal Navy.

In 1950 krijgt onze zeemacht tenslotte een eigen vlag, het is een Sint - Andreaskruis met nationale driekleur op een wit veld. Deze vlag werd op 2 maart 1950 voor de eerste maal gehesen aan boord van de escorteur „ Georges Lecointe ".

 

 

NEPTUNUS 1969

 

 

 

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